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Bulletin Quotidien Europe N° 12589
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

L'Europe invoque la coordination pour répondre à l'aggravation de la pandémie

Longtemps reléguée au second plan, la politique de santé de l'Union européenne est sur le devant de la scène avec la pandémie. Rien que cette semaine sont prévus une conférence mondiale, une conférence européenne, un sommet informel des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE et une réunion informelle des ministres européens de la Santé, sans oublier la présentation, jeudi 29 octobre, de nouvelles mesures contre la Covid-19 par la Commission européenne. 

La situation continue de s'aggraver 

Après une situation moins pire que prévu en été, l'Europe affronte actuellement une seconde vague très rude de contaminations à la Covid-19. La treizième évaluation des risques du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publiée la semaine passée souligne que les niveaux de transmission dans 23 pays membres et au Royaume-Uni sont désormais « très préoccupants ». Seuls Chypre, l'Estonie, la Finlande et la Grèce ne figurent pas dans ce groupe (contre 7 pays il y a un mois seulement).

Le virus n'épargne d'ailleurs pas la sphère politique : ces deux derniers jours, le président polonais, Andrzej Duda, et le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, ont également été testés positifs à la Covid-19.

Partant, la plupart des gouvernements réintroduisent des mesures de restriction, comme des couvre-feux en France, en Belgique ou encore en Slovénie. La Présidence tournante du Conseil de l'UE vient d'ailleurs d'annoncer que les réunions physiques à Bruxelles seront réduites au strict nécessaire. « Seules les réunions essentielles nécessaires au fonctionnement de l'UE ou à la coordination de la réponse à la crise du Covid-19 continueront à avoir lieu en personne », a expliqué un porte-parole de la Présidence allemande. 

Pour l'évaluation des risques de l'ECDC : https://bit.ly/2Hz0Z9R

La coordination à l'épreuve

Dans ce contexte, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, ont toutes deux vanté les avantages de la coopération et de la solidarité. 

« Plus qu'à aucun moment de l'histoire humaine, la santé d'un pays affecte directement celle d'un autre. Les virus transfrontaliers ont besoin de réponses transfrontalières », a déclaré Ursula von der Leyen, dimanche 25 octobre lors d'une conférence mondiale sur la santé. À l'occasion de ce 'Sommet mondial de la santé' organisé du 25 au 27 octobre sous le patronage de la Commission européenne, de l'Organisation mondiale de la Santé et du couple franco-allemand, elle a identifié la coordination transfrontalière, la fourniture d'équipements et le soutien aux personnes et à l'économie comme des domaines de coopération essentiels.

Lundi 26 octobre, à l'occasion d'une conférence similaire à l'échelon européen, la commissaire à la Santé de renfoncer le clou. « La pandémie représente un électrochoc pour tout le monde. La Covid-19 a amplifié les faiblesses de nos systèmes de santé. Les plus grands défis, qu'il s'agisse de la Covid, de la résistance antimicrobienne ou encore du changement climatique sont communs à tous », a déclaré Stella Kyriakides, avant de lister les initiatives européennes à venir (EUROPE 12584/19).

Cette conférence, organisée par la 'Coalition européenne de la santé' (qui rassemble les différents acteurs de la santé), tournait autour de 10 recommandations clés. 

Lien vers les recommandations : https://bit.ly/3kugcri

Prochaine étape : une vision commune sur les dépistages et les périodes de quarantaine

La commissaire a toutefois fait l'impasse sur une initiative qui devrait alimenter la visioconférence des dirigeants européens le 29 octobre (EUROPE 12586/1, 12583/1) et la réunion informelle des ministres européens de la Santé le lendemain. La semaine passée, le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, a confirmé l'information selon laquelle la Commission prépare des recommandations sur les tests et les périodes de quarantaine. Cette étape s'inscrit dans la droite ligne des critères et du code couleur permettant d'identifier les zones à risque (EUROPE 12580/6).

Le compte-rendu tout juste rendu public de la réunion du Comité de sécurité sanitaire (CSS) du 19 octobre témoigne en effet du besoin de coordination. 

- Dépistage : la discussion du CSS s'est concentrée sur les tests de détection antigénique qui permettent de détecter l’antigène du virus (la substance étrangère du virus capable de déclencher une réponse immunitaire) en 15 minutes. 

Le compte-rendu annonce le lancement d'un marché public commun pour ces tests rapides utilisés par 6 États membres et envisagés par 10 autres, ainsi que la publication imminente d'une approche commune qui complétera la recommandation générale sur le dépistage (EUROPE 12563/7).

« Il revient aux États membres de décider comment utiliser ces tests et dans quel contexte, mais une position commune du CSS devrait couvrir les paramètres et les scénarios dans lesquels une utilisation de ces tests est pertinente », indique le document. L'approche pourrait couvrir les éléments suivants : les paramètres et les scénarios où il fait sens d'utiliser ces tests (critères/valeurs seuils pour la sensibilité et les spécificités) ; performance ; arrangements et situations dans lesquels les tests antigéniques ne peuvent être utilisés ; situations où les tests antigéniques peuvent remplacer les tests PCR ; validation des tests ; utilisation des résultats pour les statistiques nationales ; reconnaissance mutuelle des résultats pour les voyageurs transfrontaliers. 

- Quarantaine : à ce stade, les situations divergent largement d'un État à l'autre sur les périodes d'isolement (pour les malades) et de quarantaine (pour les contacts). « La Commission note qu'il n'est pas nécessaire d'adopter les mêmes mesures, mais au moins une justification similaire pour la mise en œuvre de ces mesures », note le document, qui annonce que l'ECDC prépare un avis permettant de réduire la période de quarantaine après un test Covid négatif.

L'agence de l'UE n'a eu de cesse ces dernières semaines de s'exprimer en faveur d'une période de quarantaine de 14 jours pouvant être réduite à 10 jours si un test réalisé au jour 10 est négatif. Or, pour le moment, la période de quarantaine est fixée à 7 jours dans 5 pays, à 10 jours dans 11 pays et à 14 jours dans 14 pays, indique le compte-rendu.

Il s'agit là d'un sujet éminemment sensible, comme en témoigne ce commentaire d'un État membre : « L'Autriche note la pression économique pour réduire la quarantaine à la durée la plus courte possible, mais cela devient plus difficile à justifier avec des preuves médicales de base ».

Compte-rendu du CSS : https://bit.ly/31MbwG6  (Sophie Petitjean)

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