La Commission européenne a dit « prendre très au sérieux » les rapports de presse indiquant que l’agence de garde-frontières et garde-côtes européens Frontex a pu prendre part à des refoulements de migrants au large de la Grèce.
« Nous avons vu les rapports, on prend cela très au sérieux », a commenté le porte-parole de la Commission chargé des Affaires intérieures, Adalbert Jahnz ; la Commission est « très préoccupée » par les allégations de refoulements et les atteintes aux droits fondamentaux et au droit à l’asile et la commissaire Ylva Johansson a été « aussitôt en contact » avec Fabrice Leggeri, le directeur exécutif de l’agence, qui avait lui-même été en contact avec les autorités grecques. Les autorités grecques ont lancé une enquête interne à la suite de ces révélations, a ajouté le porte-parole.
Une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Der Spiegel, a affirmé, samedi 24 octobre, que Frontex se trouve impliquée dans plusieurs incidents de refoulement en mer de bateaux de demandeurs d’asile traversant la mer Égée entre la Turquie et la Grèce. Les investigations « montrent pour la première fois que les responsables de Frontex sont conscients des pratiques illégales des garde-frontières grecs – et sont en partie impliqués dans les refoulements eux-mêmes », a écrit Der Spiegel. Les équipes de Frontex auraient au moins assisté six fois sans réagir à des refoulements vers la Turquie de bateaux de réfugiés se trouvant dans les eaux grecques. La Commission, renvoyant au dispositif de contrôle interne de l’agence, a dit attendre de Frontex qu’elle respecte entièrement le droit international.
Ce n'est pas la première fois que le rôle de Frontex est mis en question : les députés de la commission des Libertés civiles du PE avaient tenu un débat en juillet sur le rôle des autorités grecques, fin février/début mars, à la frontière avec la Turquie et l'agence Frontex était aussi sur le terrain pour aider la Grèce à mener des opérations que certains élus avaient qualifiées de refoulements (EUROPE 12522/19). (Solenn Paulic)