login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12522
Sommaire Publication complète Par article 19 / 32
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Commission promet de mieux surveiller les cas suspects de violences anti-migrants signalés aux frontières extérieures

La Commission européenne va plancher sur un nouveau mécanisme de contrôle du respect des droits fondamentaux qui permettra de vérifier les incidents signalés à toutes les frontières extérieures de l’UE, incidents de « refoulement » ou d’autres violences touchant les migrants. Un mécanisme qui pourrait trouver sa place dans le Pacte sur la migration attendu pour septembre.

C’est ce que la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a indiqué, lundi 6 juillet, aux membres de la commission des libertés civiles du PE (LIBE) lors d’un échange de vues assez vif avec les ministres grecs de la Migration et de l’Asile destiné à faire la lumière sur les évènements survenus fin février/début mars à la frontière entre la Grèce et la Turquie (EUROPE 12438/1). Des milliers de personnes venues de Turquie cherchaient à entrer en Grèce, laquelle avait ensuite fermé sa frontière, aidée par Frontex et d'autres pays européens.

Les élus voulaient surtout des explications sur un rapport de Forensic Architecture (https://bit.ly/38y1YjW ) affirmant qu’un Syrien a été tué par des balles de la police grecque lors de ces évènements. Par ailleurs, un Pakistanais aurait été grièvement blessé.

Des affirmations que les ministres grecs de la Protection des citoyens, Michalis Chrisochoidis, de la Migration et de l’Asile, Notis Mitarachi, et le vice-ministre à la Migration et l’Asile, Geórgios Koumoutsákos, ont qualifiées de « fausses nouvelles ».

La commissaire, pour sa part, s’est dite très préoccupée par ces allégations et a dit compter sur les autorités grecques pour qu’elles mènent une enquête. « Tout le monde doit pouvoir déposer une demande d'asile », a-t-elle dit. Elle a cependant expliqué que la Commission, à son niveau, ne pouvait pas mener cette investigation.

L'échange a en tout cas rapidement tourné au dialogue de sourds, les ministres balayant les questions de certains élus et demandant même des excuses à certains, comme le socialiste espagnol Domènec Ruiz Devesa, qui avait qualifié le gouvernement grec de gouvernement d’extrême droite et l’avait accusé de mener une politique belliqueuse à l’encontre des migrants.

En fin de compte, nombre de députés ont déploré l'attitude du gouvernement grec sur ces incidents, à l’image de Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise) qui a parlé de « déni » des autorités grecques.

Celles-ci se sont défendues en arguant de la petite taille du pays, qui reçoit « des milliers de migrants » et de l’importance de surveiller une frontière que la Turquie est toujours prête à prendre pour cible et qui est aussi la frontière de l'UE. La Turquie, par ailleurs, ne remplit pas ses obligations en ce qui concerne les retours de personnes ne pouvant pas avoir la protection en Grèce, ont-elles dit.

La députée libérale néerlandaise Sophie in’t Veld s’en est prise aussi à la commissaire, qui, selon elle, ne s’est pas montrée assez ferme face au gouvernement grec et devrait mener elle-même cette enquête.

Légère amélioration en Grèce

L’échange a en tout cas largement dépassé le cadre initial de l’audition et a été l’occasion pour les ministres et la commissaire de faire un point sur la situation migratoire de la Grèce.

Et le tableau qu’en a dressé la commissaire était relativement positif, le pays ayant, par exemple, permis de contenir la propagation de la Covid-19 dans les camps et identifié un certain nombre de personnes vulnérables devant être mises à l’écart des autres migrants. Un travail qui ne semblait « pas possible encore il y a trois mois », a-t-elle dit.

Athènes a aussi réduit le nombre de dossiers d’asile et a pu prendre davantage de décisions grâce à un personnel supplémentaire dans les services compétents. Depuis le début de l’année, environ 45 000 décisions d’asile ont été rendues, dont « environ 30 000 positives ».

Les programmes de relocalisation volontaire dans les États membres de jeunes mineurs isolés reprennent également, timidement, avec 25 et 26 jeunes mineurs attendus respectivement au Portugal et en Finlande ces 7 et 8 juillet.

Environ 17 000 personnes ont aussi été transférées depuis les îles grecques vers le continent, ont précisé les ministres, ce qui n’a toutefois pas empêché le fait que les camps se soient remplis tout aussi vite. (Solenn Paulic)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
BRÈVES