Le vote de la commission du développement régional (REGI) sur le Fonds pour une transition juste, et notamment l'adoption de l'amendement de compromis donnant la possibilité de financer des projets gaziers, a provoqué une levée de boucliers parmi certains eurodéputés écologistes et de gauche radicale, mais aussi d’ONG, lundi 6 juillet.
En effet, les eurodéputés ont voté un amendement de compromis qui introduit un régime dérogatoire pour les régions fortement tributaires de l'extraction et de l’exploitation d’énergie fossile (charbon, lignite, etc.) pour pouvoir diriger des investissements financés par le Fonds vers des activités liées au gaz naturel (EUROPE 12521/1).
L’amendement a été soutenu par 23 eurodéputés, à savoir l’unanimité du PPE, de Renew Europe et un grand nombre d’eurodéputés du S&D, dont la Roumaine Corina Cretu, l’ancienne commissaire à la Politique de cohésion.
Seize eurodéputés ont voté contre, c’est-à-dire l’intégralité des Verts/ALE et de la GUE/NGL, dont le président de la commission REGI, le Français Younous Omarjee, et du groupe CRE et plusieurs ID (ces derniers groupes trouvant l’amendement par trop contraignant). Trois abstentions issues du S&D et de l’ID sont à noter.
« L'élimination progressive des combustibles fossiles avec des subventions pour soutenir les combustibles fossiles est une absurdité ! », a affirmé sur Twitter le rapporteur fictif de la GUE/NGL, l’Allemande Martina Michels.
« Grande déception ! » a déclaré sur Twitter le rapporteur fictif allemand Nieklas Nienass (Verts/ALE), qui s’est demandé s’il était possible de « chasser le diable avec Belzébuth ». L’eurodéputé a annoncé que la « lutte » allait se poursuivre en session plénière.
Les ONG mécontentes. Du côté des ONG environnementalistes WWF et Greenpeace, la déception était palpable, la première dénonçant « l’impasse » que constitue le gaz dans la lutte contre le changement climatique, la seconde n’hésitant pas à qualifier le vote du PE de « parodie ».
Pour consulter les votes nominatifs : https://bit.ly/3fa1sLB (Pascal Hansens et Damien Genicot)