L’Union européenne et ses États membres se sont vivement félicités, dimanche 25 octobre, de la signature, le 23 octobre à Genève, d’un accord de cessez-le-feu par les représentants libyens de la commission militaire mixte 5+5, appelant à sa mise en œuvre intégrale et immédiate (EUROPE 12588/14).
Cet accord de cessez-le-feu immédiat, complet, permanent et national est une « étape cruciale » et le résultat de mois d'efforts régionaux et internationaux intenses, initiés dans le cadre du processus de Berlin, a souligné le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans une déclaration au nom de l’UE.
L’accord comprend d’autres mesures, dont la reprise des liaisons de transport entre les différentes régions libyennes et des mesures de confiance, telles qu'un processus global de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), « essentiel pour le retour de la sécurité et de la stabilité en Libye », dont le retrait dans les 90 jours de tous les combattants et mercenaires étrangers, ajoute le Haut Représentant.
Les Européens ont encouragé tous les acteurs internationaux et régionaux à soutenir sans équivoque les efforts déployés par la Libye, s'abstenir de toute ingérence étrangère dans le conflit et mettre fin aux violations de l'embargo sur les armes. Tous les combattants et mercenaires étrangers devraient se retirer immédiatement et toute intervention étrangère est « inacceptable », a insisté M. Borrell.
De son côté, l’UE est prête à soutenir la mise en œuvre de l'accord par « des actions concrètes », conformément aux décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, a promis le Haut Représentant, sans donner de détails.
Selon les Européens, ces développements « positifs » en matière de sécurité sur le terrain ouvriront la voie à la relance d'un processus politique inclusif en Libye. « L'UE et ses États membres espèrent que le forum de dialogue politique sera couronné de succès et continueront à soutenir la MINUL afin d'apporter une solution pacifique au conflit libyen [qui se prolonge] de longue date, dans l'intérêt de la population libyenne », a ajouté le Haut Représentant, prévenant que l’UE avait un « instrument de sanctions contre d'éventuels fauteurs de trouble ».
Après une première réunion virtuelle le 26 octobre, le forum politique devrait tenir sa première réunion en présentiel le 9 novembre. (Camille-Cerise Gessant)