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Bulletin Quotidien Europe N° 12212
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

Peter Pellegrini plaide pour l'instauration d'un salaire minimum en Europe

Le Premier ministre slovaque, Peter Pellegrini, a fait part de la volonté de son gouvernement de maintenir la Slovaquie, un État membre au solde migratoire devenu positif quinze après son adhésion à l'Union européenne, « dans le groupe des pays les plus intégrés », mardi 12 mars lors d'un débat sur l'avenir de l'UE au Parlement européen à Strasbourg. 

Donnant à son discours un accent social, M. Pellegrini a plaidé pour une Union « prospère » qui garantisse la convergence socio-économique, notamment par l'introduction d'un « salaire minimum au niveau européen ». Il a souligné aussi la volonté de son pays d'accueillir la future Autorité européenne du travail (EUROPE 12208/16). 

Pour le dirigeant slovaque, l'Union doit aussi être « franche » vis-à-vis des citoyens, surtout les jeunes, en leur offrant une vision de l'avenir crédible qui passerait par l'investissement dans la recherche, l'innovation et les qualifications, la neutralité carbone, la défense des quatre libertés de circulation fondamentales. À ce titre, M. Pellegrini a mis en garde contre l'excès de réglementation européenne. 

L'Union doit également être « pertinente » au niveau planétaire en augmentant sa capacité de défense (PESCO) tout en assurant la complémentarité UE/OTAN, a estimé M. Pellegrini. 

Stéréotypes Est-Ouest. La Slovaquie assumant actuellement la présidence du groupe de Visegrád, le Premier ministre a souligné l'importance de l'unité des États membres en se débarrassant des « stéréotypes Est-Ouest » pour affronter les défis provenant tant de l'extérieur (Russie, Chine, changements climatiques) que de l'intérieur (rupture du contrat social, vieillissement de la population). 

« L'isolationnisme, le protectionnisme et les nationalismes ne sont pas la solution », a considéré le social-démocrate. 

Évoquant la réussite du sommet européen de Bratislava qui a lancé la réflexion sur l'avenir de l'UE à vingt-sept, trois mois après le référendum britannique sur le Brexit (EUROPE 11626/1), le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué le soutien du gouvernement slovaque dans la révision des règles européennes régissant le détachement des travailleurs et dans la promotion du socle européen des droits sociaux, « qui contient l'idée d'un salaire minimum ». 

Ján Kuciak. Les interventions des groupes politiques se sont focalisées sur la réponse des autorités slovaques au meurtre, début 2018, du journaliste Ján Kuciak et de sa fiancée, ainsi que sur la défense de l'État de droit dans le pays. 

Tant Esteban Gonzáles Pons (PPE, espagnol) que Josef Weidenholzer (S&D, autrichien) et Sophie in't Veld (ADLE, néerlandaise) ont demandé que la justice slovaque aille au bout de son action en jugeant les responsables. La libérale néerlandaise a aussi demandé que soient nommés neuf juges à la Cour constitutionnelle, qui est « inopérante actuellement », et que les restrictions à la liberté d'information soient levées. 

Pour Ska Keller (Verts/ALE, allemande), une commission d'experts indépendants pourrait être nommée au niveau européen pour faire rapport sur la situation de l'État de droit dans l'UE, voire préconiser des sanctions. Mais, selon elle, les citoyens ne devant pas souffrir des infractions potentiellement commises par un gouvernement, la Commission pourrait alors prendre le relais dans la gestion de fonds européens alloués à cet État afin de maintenir un lien concret entre les citoyens et l'UE. 

M. Pellegrini a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour aller au bout de l'enquête sur les meurtres de M. Kuciak, qui enquêtait sur des affaires de fraude aux aides européennes, et de sa compagne. (Mathieu Bion)

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