Soutenus par la Présidence roumaine du Conseil de l'UE, les ministres chargés de l’élargissement des pays candidats à l’UE (Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie et Turquie) ont rappelé, lundi 11 mars, l’importance de la politique d’élargissement de l’Union européenne.
« Au moment où nous parlons du Brexit, c’est rassurant de voir des pays qui veulent rejoindre l’UE », a expliqué le ministre délégué des Affaires européennes roumain, George Ciamba, à l’issue d’une réunion informelle à Bucarest. « Avec le départ du Royaume-Uni de l’UE, la renaissance de l’esprit européen vient de l’autre côté du continent », a aussi estimé le vice-premier ministre macédonien chargé des Affaires européennes, Bujar Osmani.
Pour le négociateur en chef pour l’adhésion du Monténégro à l’UE, Aleksandar Drljević, « malgré les défis auxquels l’UE fait face, la politique d’élargissement va rester au centre de l’attention de l’UE et des États membres ». « L'élargissement fait partie intégrante de la stratégie globale de renforcement de l'UE », a ajouté le vice-ministre albanais à l’Europe et aux Affaires européennes, Sokol Dedja, soutenu par son homologue serbe, Jadranka Joksimovic, pour qui « l’élargissement est dans l'intérêt à la fois de l’UE et des pays candidats pour avoir une Europe forte, qui fonctionne bien, efficace, réellement capable de s’attaquer à toutes les questions pertinentes ».
Les ministres serbe et turc n’ont pas manqué de rappeler que l’UE devait s’investir dans la politique d’élargissement. Mme Joksimovic a espéré que l’Union commence à parler d’une seule voix à ce sujet. « Si l’UE ne se réengage pas dans la politique d’élargissement, alors l’élargissement sera supprimé », a-t-elle mis en garde. Et alors que certains dirigeants des Vingt-huit mettent en avant la nécessité de réformer l’UE avant de l'élargir – pour la ministre serbe, cette réforme interne devrait se tenir en parallèle d’une politique d’élargissement crédible et celles-ci se renforceraient mutuellement.
« L’élargissement est la politique la plus réussie de l’UE. L’UE doit jouer son rôle », a confirmé le vice-ministre des Affaires étrangères turc, Faruk Kaymakci, dénonçant le fait que certaines politiques nationales jouaient un rôle négatif dans l’adhésion de son pays.
Les pays des Balkans ont profité de l’occasion pour rappeler leurs attentes. Avant la fin juin, la Macédoine du Nord et l’Albanie espèrent ouvrir leurs négociations d’adhésion, le Monténégro son dernier chapitre de négociation et la fermeture d’autres et la Serbie, elle, espère l’ouverture de deux ou trois chapitres. (Camille-Cerise Gessant)