L’UE doit procéder à une réévaluation « globale et critique » de ses relations avec la Russie, a demandé, mardi 12 mars, le Parlement européen.
« Dans les circonstances actuelles, la Russie ne peut plus être considérée comme un 'partenaire stratégique' » et l’accord de partenariat et de coopération devrait être reconsidéré, estiment les députés.
« Tout cadre pour les relations entre l’Union et la Russie devrait être fondé sur le plein respect du droit international, des principes d’Helsinki de l’OSCE, des principes démocratiques, des droits de l’homme et de l’État de droit, et permettre le dialogue en vue de relever les défis mondiaux, de renforcer la gouvernance mondiale et d’assurer l’application des règles internationales », détaillent-ils dans le rapport de Sandra Kalniete (PPE, lettone) sur l’état des relations politiques UE/Russie (402 voix pour, 163 contre et 89 abstentions).
Le PE demande que le principe de l’engagement sélectif avec la Russie soit mieux défini, recommandant de porter l’accent sur les questions liées aux régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et du Nord et de l’Arctique, au terrorisme, à l’extrémisme violent, à la non-prolifération, à la maîtrise des armements, à la stabilité stratégique dans le cyberespace, à la criminalité organisée, à la migration et au changement climatique. De plus, « la défense des droits de l’homme et de l’État de droit doit être un élément central de la collaboration » entre l'UE et Moscou, rappelle le PE, qui dénonce la situation en Russie.
Si, d’après le Parlement, « il est important d’apaiser les tensions actuelles et d’entamer des consultations » avec Moscou, afin « de réduire le risque d’incompréhensions et d’interprétation et de lecture erronées des faits », l’Union doit être « ferme » dans ses attentes. Ainsi, il ne peut pas être envisagé de reprendre progressivement le cours normal des relations avant que la Russie ne mette pleinement en œuvre l’accord de Minsk et ne rétablisse complètement l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Les députés appellent à de nouvelles sanctions, y compris une restriction de l’accès aux finances et aux technologies, si les violations du droit international se poursuivent.
Au-delà de la situation en Ukraine, le PE dénonce l’implication russe dans l’affaire Skripal, dans la désinformation et les cyberattaques, dans la déstabilisation des pays candidats à l’UE et s’inquiète des liens entre le gouvernement russe et les partis et gouvernements d’extrême droite et nationalistes populistes de l’Union. (Camille-Cerise Gessant)