Les députés britanniques ont à nouveau très nettement rejeté (391 voix contre, 242 pour) l’accord sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne défendu par Theresa May, mardi 12 mars en début de soirée, lui infligeant une deuxième défaite en dépit des assurances supplémentaires qu’elle avait négociées la veille à Strasbourg avec la Commission européenne (voir autre nouvelle).
La Première ministre britannique a aussitôt confirmé qu’elle déposerait mercredi 13 mars une motion demandant au Parlement britannique s’il veut un Brexit sans accord. En cas de rejet, un autre vote aura lieu le 14 mars pour se prononcer sur une extension du délai de négociation inscrit à l’article 50 du Traité. Une telle demande serait examinée lors du sommet européen des 21 et 22 mars. Le Royaume-Uni est censé quitter l'UE le 29 mars à minuit.
Theresa May a demandé aux députés de se poser les vraies questions, demeurant convaincue que son pays doit quitter l'UE de façon ordonnée.
« Voter contre un 'no deal' et pour une extension de l'article ne résout pas nos problèmes » et l'UE voudra savoir ce que nous ferions d'une extension du délai, a-t-elle souligné au bord de l'extinction de voix. Cette assemblée « veut-elle une révocation de l’article 50 ? Veut-elle un second référendum ? », a-t-elle aussi interrogé. Il « faudra y répondre ».
Le parti travailliste Labour, dans l'opposition, et le parti DUP nord-irlandais, l'allié gouvernemental de Mme May, avaient indiqué dans la journée qu’ils s’opposeraient à l’accord, tandis que les conservateurs du parti de Mme May avançaient très divisés.
Le négociateur de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont réagi dans la foulée, estimant que l’UE avait « fait tout son possible » pour aider à faire passer le projet d'accord. « S’il y a une solution à l’impasse actuelle, elle doit être trouvée à Londres », ont-ils dit.
Désormais, les préparations à un scénario d'un Brexit sans accord deviennent « plus importantes que jamais », a ajouté M. Barnier via Twitter.
En janvier, les députés britanniques avaient déjà très nettement rejeté l'accord (432 votes contre, 202 pour - EUROPE 12172/1). EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)