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Bulletin Quotidien Europe N° 13753
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

La France s’oppose toujours à l’accord UE/Mercosur en l’état, selon la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard

Il n’y a pas de divergence de point de vue entre le président français, Emmanuel Macron, et son gouvernement, a assuré la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, à son arrivée au Conseil 'Agriculture' à Bruxelles, lundi 17 novembre. Depuis plusieurs jours, elle répète son opposition à l’accord commercial UE/Mercosur, qui est « inacceptable », selon elle.

Pour devenir acceptable, l’accord devra comporter une clause de sauvegarde forte sur le secteur agricole, des mesures 'miroir' pour l’usage des produits sanitaires et phytosanitaires, et l’UE devra avoir une véritable politique de contrôle à ce propos, a déclaré la ministre.

La Commission européenne s’est déjà engagée sur le premier de ces points avec sa clause de sauvegarde renforcée (EUROPE 13726/26).

« C’est effectivement un pas intéressant […], mais cela ne suffit pas. Cela a été dit à Belém (par le président de la République, NDLR). Il faut des mesures 'miroir', il faut des contrôles. C’est une position très claire de la France », a expliqué Mme Genevard, alors interrogée sur les propos d’Emmanuel Macron il y a deux semaines, qui a jugé que l’accord pourrait être acceptable si la clause de sauvegarde était bien mise en place (EUROPE 13748/3).

À Bruxelles, lundi, le ministre irlandais de l’Agriculture, Martin Heydon, a également répété que son pays continuait à souligner les sensibilités autour de l’accord. Et d’indiquer qu’un dialogue avait lieu avec d’autres pays de l’UE réticents à ce traité de libre-échange.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, en revanche, a défendu l’accord et les opportunités commerciales qu'il ouvre, à l’issue de la réunion des ministres : « Je me suis rendu il y a trois semaines au Brésil avec près de 80 producteurs agroalimentaires européens. Beaucoup d’entre eux sont français, dans le secteur laitier, du vin ou encore des spiritueux et autres. Ils sont véritablement en recherche d’opportunités ».

Vote sur la clause de sauvegarde. Signe que l’opposition à l’accord diminue et que les États membres veulent signer rapidement l’accord avec le Mercosur, la proposition de sauvegarde renforcée sera déjà soumise au vote des représentants permanents des États membres de l’UE mercredi 19 novembre. Ceux-ci devraient donner leur feu vert, avant de se diriger vers la conclusion de l’accord lui-même, probablement le 19 décembre. (Léa Marchal avec Lionel Changeur)

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