Le contre-amiral Vasileios Gryparis, commandant de l’opération EUNAVFOR Aspides, l’opération militaire de l’UE de sûreté maritime en vue de préserver la liberté de navigation dans le contexte de la crise en mer Rouge, a regretté, lundi 17 novembre, que son opération n’ait pas plus de moyens pour mener à bien sa mission.
« L'une des principales contraintes réside dans le nombre limité de navires. Le mois dernier, nous avons opéré avec seulement deux navires en moyenne », pour assurer la protection rapprochée des navires commerciaux, a-t-il expliqué lors d’une audition en commission ‘Sécurité et défense’ du Parlement européen et alors que, lors du lancement de l’opération, en février 2022, il avait demandé « 10 navires et 16 avions ».
Vasileios Gryparis a précisé que les États membres fournissant les navires étaient principalement l'Italie, la France et la Grèce et que l'Allemagne apportait un soutien aérien à l'opération.
Afin de motiver les États membres à mettre des moyens à disposition de l’opération, le contre-amiral a expliqué que « pour tous les pays dotés d'une armée et d'une marine, il s'agit d'une opportunité de renforcer et d'entraîner leurs équipages, car c'est ce qui se rapproche le plus de conditions de combat réelles ». « L'équipage est sous une menace constante, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris pendant les patrouilles. C'est donc une excellente occasion », a-t-il expliqué.
Malgré la limitation de ses moyens, la mission a pu, selon le contre-amiral, démontrer l’efficacité de ses actions. « À ce jour, nous avons fourni des services et une protection rapprochée à plus de 1 300 navires. Nous avons ainsi satisfait 99% des demandes du secteur maritime », a-t-il expliqué. Vasileios Gryparis a ajouté que, depuis le début, l’opération n’avait eu recours à la force qu'en cas d'absolue nécessité. « Nous avons abattu vingt drones, détruit deux drones de surface et une force de missiles balistiques antinavire », a-t-il précisé.
Lors de la dernière prolongation de son mandat, la mission s’est vu attribuer de nouvelles tâches, dont le recueil d’informations sur le trafic d'armes et sur les activités de la 'flotte fantôme' russe et diffuser les informations aux structures compétentes.
« La lutte contre le trafic d'armes est extrêmement difficile, car nous nous concentrons sur la protection et ne disposons d'aucun moyen supplémentaire pour débusquer les trafiquants. De plus, nous n'avons pas l'autorisation de pénétrer dans les eaux territoriales ni de procéder à des arraisonnements, pourtant indispensables pour découvrir des armes dissimulées », a souligné Vasileios Gryparis.
Qui plus est, selon lui, sur les 557 navires de la flotte sanctionnée par l’UE, environ 181 circulent actuellement dans la zone d'opération d’Aspides. « Nous avons fourni des éléments concernant plus de 84 de ces navires, qui ont au total effectué 302 passages dans la zone depuis juillet. Ces navires transportent le pétrole russe depuis les ports russes vers les pays asiatiques », a expliqué le contre-amiral.
Le mandat d'Aspides court jusqu’au 28 février 2026. (Camille-Cerise Gessant)