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Bulletin Quotidien Europe N° 13753
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'euro numérique est « conçu de manière à éviter toute désintermédiation bancaire », assure Piero Cipollone

Auditionné lundi 17 novembre par la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen, le membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), Piero Cipollone, a tenu à rassurer les eurodéputés et à apporter des clarifications sur les enjeux les plus controversés liés au futur euro numérique. Ceux-ci incluent l'usage de l'argent liquide, le respect de la confidentialité et une éventuelle déstabilisation du modèle économique des banques.

« L’euro numérique permettra [aux banques] de préserver leur modèle économique et d’améliorer les services de paiement qu’elles offrent. Dès le départ, nous avons indiqué que l’euro numérique serait distribué par les banques. Nous l’avons également conçu de manière à éviter toute désintermédiation bancaire », a déclaré M. Cipollone.

« Avec les schémas internationaux, les banques perdent des commissions ; avec les solutions de paiement mobile des 'Big Tech', les banques perdent des commissions et des données ; à l’avenir, avec les stablecoins, elles perdront des commissions, des données et des dépôts », a poursuivi l'économiste italien.

« Avec l’euro numérique, en revanche, le modèle de compensation garantit que les banques bénéficient chaque fois qu’un paiement actuellement effectué via une de ces solutions est remplacé par une transaction en euro numérique. Cela parce que l’Eurosystème ne prélèvera pas de commissions de schéma ou de règlement », a-t-il ajouté.

Souveraineté numérique de l'UE. Par ailleurs, M. Cipollone a argué qu'il n’y avait aucune concurrence entre solutions publiques et privées dans l'objectif de garantir que le fonctionnement de paiements numériques, comme physiques, ne dépendent pas de décisions prises hors d’Europe. Au contraire, l'euro numérique fournira, selon le banquier central, des standards à portée d'initiatives privées européennes complémentaires.

Ainsi, le rapporteur du PE, Fernando Navarrete (PPE, espagnol), a interrogé M. Cipollone sur l’opportunité, au moment de statuer sur une éventuelle émission de l’euro numérique, d’évaluer si la dépendance excessive vis-à-vis d’acteurs non européens aurait entre-temps été résorbée par le marché.

Une nouvelle fois (EUROPE 13747/21), à gauche de l'hémicycle, Nikos Papandreou (S&D, grec) s'est farouchement opposé à cette approche. « Nous avions une solution du secteur privé et nous l’avons vendue à Visa et à MasterCard », a-t-il déclaré, citant plusieurs exemples. Et d'ajouter : « La solution du secteur privé : c’est terminé. Merci de prouver le contraire ».

M. Cipollone a défendu un modèle dynamique fondé sur le futur euro numérique et sur des synergies étroites avec le secteur privé. (Bernard Denuit)

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