Le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, et le directeur général de la Commission européenne pour les négociations d’élargissement et le voisinage, Gert Jan Koopman, ont plaidé, lundi 17 novembre, à l’occasion de l’EU-Türkiye Business Summit à Bruxelles, pour le renforcement des relations entre l’UE et la Turquie, notamment commerciales.
Une relation qualifiée de « prometteuse », mais « aussi complexe » par M. Koopman, notamment en raison des relations entre la Turquie et Chypre, mais aussi de la situation de l'État de droit dans le pays.
M. Bolat a insisté sur la modernisation de l’Union douanière, en place depuis 1995. « Après trois décennies, les réalités du commerce mondial ont évolué et le cadre actuel ne reflète plus pleinement ces nouvelles dynamiques. La modernisation de l'Union douanière est donc devenue essentielle pour les deux parties », a-t-il expliqué, plaidant pour l’extension du champ d’application aux services, au commerce numérique, à la transition écologique, aux investissements internationaux et à la coopération réglementaire.
Il a demandé que cet agenda « purement économique » soit protégé des considérations politiques sans rapport avec celui-ci. « Un dialogue constructif et des progrès vers la reprise des négociations sur la question chypriote nous permettront de travailler à cette modernisation », a rappelé M. Koopman.
Le représentant de la Commission a aussi rappelé « les défis qui affectent la prévisibilité et la crédibilité de l’environnement des affaires », demandant à la Turquie de respecter les normes démocratiques les plus élevées et d'être très vigilante quant à l’État de droit. « Le respect de l'État de droit est (…) crucial, voire fondamental pour l'environnement des affaires, et un facteur clé pour attirer davantage d'investissements étrangers », a-t-il précisé.
« Nous sommes engagés à garantir une prévisibilité et une transparence juridiques totales dans notre cadre réglementaire, notamment en matière d'investissements directs étrangers », a voulu rassurer le ministre.
Par ailleurs, M. Bolat a plaidé pour un renforcement de la coopération en matière de défense. « En tant qu'Allié essentiel, doté d'une solide expertise industrielle en matière de défense et d'une armée très performante, nous sommes convaincus que la Turquie peut contribuer de manière significative au renforcement de la résilience et au développement des capacités de défense de l'UE », a-t-il expliqué, appelant à l'intégration des entreprises turques aux projets d'acquisition communs menés dans le cadre de l'initiative SAFE. (Camille-Cerise Gessant)