Alors que l’UE reconnaît ses divergences avec la Chine, le sommet bilatéral prévu le 24 juillet à Pékin ne laisse pas présager de grandes avancées sur les relations commerciales ni sur les demandes de l’UE en matière de sécurité.
Ainsi, cet événement qui a été écourté par la Chine et ne se tient plus que sur une journée (EUROPE 13674/3), ne devrait pas aboutir à des résultats concrets, comme l’a fait comprendre un fonctionnaire européen vendredi 18 juillet : « Une bonne conversation, un bon échange, au plus haut niveau, sur tous les sujets qui intéressent et préoccupent, est (déjà) "un bon résultat" ».
Point d'interrogation sur une déclaration conjointe sur le climat. La seule déclaration conjointe qui pourrait voir le jour à l’issue du sommet concerne un engagement sur le plan climatique en amont de la COP30 au Brésil en novembre.
Si des discussions sont en cours depuis quelques semaines pour ficeler cette déclaration, plusieurs sources estiment que celle-ci pourrait tout aussi bien ne pas voir le jour. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, expliquait même au Financial Times, le 6 juillet, que l’UE attendait davantage d’efforts de la part du premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, et que sans garanties concrètes, il serait compliqué de s’accorder sur ce type de déclaration conjointe avec la Chine (EUROPE 13680/12).
« Le temps presse car, honnêtement, nous avons décidé de commencer à travailler sur ce sujet à un stade ultérieur. Voyons ce qu'il en est », a expliqué un autre fonctionnaire européen.
Priorité de l'UE pour un rééquilibrage économique. Au-delà de la célébration de 50 ans de relations diplomatiques, le sommet UE-Chine survient dans un contexte de tensions commerciales exacerbées. Les derniers soubresauts concernent l'accès restreint des appareils médicaux de la Chine, d'une part, et de l'UE, d'autre part, aux marchés publics respectifs (EUROPE 13675/19, 13664/23) et l’imposition d’un tarif antidumping chinois sur les spiritueux européens (EUROPE 13674/4).
De façon générale, « l'accès de l'Europe à la Chine est limité. L'année dernière, notre déficit commercial a doublé. Il a dépassé les 300 milliards d'euros. Il n'y a pas de concurrence loyale », a expliqué le premier fonctionnaire européen. Selon lui, le message de la Commission européenne sera le suivant : « La situation actuelle n'est pas viable. Nous avons besoin d'un rééquilibrage ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, échangeront précisément sur ces aspects d’ordre commerciaux et économique avec le premier ministre, Li Quiang, dans l’après-midi.
Avant cela, dans la matinée, ils s’entretiendront avec le président chinois, Xi Jinping, sur des questions plus géostratégiques et géopolitiques, mais échangeront aussi de façon plus directe et technique sur les questions économiques.
Certaines discussions engagées dans le cadre du dialogue stratégique bilatéral du 2 juillet (EUROPE 13673/21) seront poursuivies, comme le soutien industriel-militaire de la Chine à la Russie dans sa guerre d’agression en Ukraine (voir autre nouvelle), mais aussi les tensions en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taïwan.
L’UE soulèvera également ses préoccupations persistantes concernant la détérioration des droits humains, en particulier dans la région du Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong. (Pauline Denys)