Le sommet UE-Chine, prévu les 24 et 25 juillet prochains en Chine, pourrait être raccourci par Pékin, hôte de l’événement, pour ne durer finalement qu’un jour, comme l'a rapporté le média Bloomberg jeudi 3 juillet. Ceci s'inscrit dans un contexte de tensions aussi bien sur le plan commercial qu'en ce qui concerne le soutien à la Russie, au lendemain de la visite du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à Bruxelles (EUROPE 13673/21).
Depuis plusieurs semaines le ton monte entre l’UE et la Chine alors que les deux rivaux/partenaires célèbrent cette année 50 ans de relations diplomatiques.
L’UE avait déjà annulé un dialogue économique et commercial de haut niveau fin juin, en raison d'un manque de progrès en matière de commerce (EUROPE 13661/3).
La Chine prévoit d’imposer dès ce samedi un tarif antidumping définitif sur les spiritueux européens en réponse aux tarifs imposés par l’UE sur les véhicules électriques chinois (voir autre nouvelle).
Lors du dialogue stratégique UE-Chine, mercredi 2 juillet, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, avait appelé le ministre Wang à mettre fin aux pratiques commerciales abusives, en particulier aux restrictions à l'exportation de certaines matières premières critiques (EUROPE 13672/18).
Sur le plan sécuritaire, elle a insisté à plusieurs reprises pour que la Chine cesse de soutenir la Russie dans sa guerre d’agression en Ukraine.
Sur ce point, le South China Morning Post a rapporté, le 3 juin, que M. Wang aurait nié soutenir la Russie militairement et financièrement. Il aurait toutefois indiqué que la Chine ne pouvait se permettre une défaite de la Russie, puisque cela impliquerait, selon lui, que les États-Unis et ses alliés occidentaux tournent ensuite leur attention vers l’Asie.
Dans un compte-rendu public émis par Pékin, M. Wang a expliqué à Mme Kallas que les désaccords « ne devaient pas conduire à la confrontation ».
Il a également appelé, sur le plan des tarifs, à ne pas « projeter » la voie suivie par les États-Unis sur la Chine, craignant vraisemblablement que l’UE accepte un accord commercial avec les Américains qui puisse écorner les intérêts chinois.
Concernant le sommet bilatéral à venir, un porte-parole du Conseil a indiqué que le programme devait encore être finalisé et que les échanges étaient en cours avec les hôtes chinois, pour connaître leurs intentions.
Sans surprise, aucune déclaration commune n'est attendue à l'issue du sommet, à l'exception d'un éventuel texte sur les ambitions climatiques communes, selon nos informations. (Pauline Denys)