Les ministres du Marché intérieur ou de l'Industrie de l'UE ont pu donner une première appréciation, vendredi 18 juillet à Copenhague, du Fonds européen pour la compétitivité (FEC) présenté par la Commission européenne deux jours plus tôt (EUROPE 13682/6). Pour plusieurs d'entre eux, si l'annonce d'un tel Fonds est une bonne nouvelle, il ne faudrait pas perdre de vue les autres axes de travail pour renforcer la compétitivité.
Pour le ministre français, Marc Ferracci, la somme de 409 milliards d'euros annoncée par la Commission va permettre d'investir à la fois dans la recherche et le développement et dans les investissements de capacité. Il a mentionné notamment les industries lourdes en transition, telles que l’automobile, l’acier et la filière des batteries, qui doit en particulier, grandir. « C'est ainsi qu'on se construira une autonomie stratégique sur cette technologie absolument cruciale », a-t-il ajouté.
Interrogé sur le montant du FEC, Morten Bødskov, ministre danois de l'Industrie, a indiqué à Agence Europe que le montant alloué au Fonds lui semblait « correct ».
Il a toutefois insisté, comme plusieurs autres ministres, sur le fait que le FEC ne suffirait pas à régler tous les problèmes de compétitivité. « Nous avons besoin de beaucoup plus, si nous voulons renforcer l'industrie européenne et créer plus d'emplois et plus de croissance pour les employés ».
« Le Fonds pour la compétitivité sera utile, mais cela ne suffira pas », a également prévenu Michał Baranowski, sous-secrétaire d'État polonais. Selon lui, il est important que les fonds européens soient examinés « de manière cohérente », en tenant compte de la politique industrielle, de la politique réglementaire et de la politique commerciale. « Au moins ces trois domaines peuvent fournir un cadre permettant à notre industrie de prospérer », a-t-il souligné.
Simplification indispensable. La Lettonie et la Finlande ont évoqué des problèmes fondamentaux à résoudre dans le Marché intérieur également. « La clé pour permettre la compétitivité est un cadre équitable qui garantit aux entreprises que leurs produits peuvent être lancés sur le marché dans des délais tout à fait normaux et peuvent être mis à la disposition du public non pas dans quatre, cinq ou sept ans, mais dans l'année », a considéré Jurģis Miezainis, le représentant letton.
À propos de la lourdeur des procédures et de la charge réglementaire, le ministre danois, Morten Bødskov, dont le pays exerce la présidence du Conseil de l'UE jusqu'à la fin de l'année, a exprimé son engagement à faire avancer les travaux sur les textes 'omnibus' de simplification.
Il a cité le premier de ceux-ci, sur la durabilité des entreprises, qui pourrait faire l'objet de négociations entre le Parlement européen et le Conseil avant la fin de l'année, si le Parlement adopte sa position en novembre. « Nous espérons un accord rapide, mais aussi un compromis large, car c'est vraiment ce qui est nécessaire », a-t-il déclaré. (Anne Damiani et Léa Marchal)