Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a insisté, mardi 15 juillet, en commission du développement (DEVE) du PE, sur l’importance pour l’UE de se doter d’outils adaptés à ses ambitions sur la scène internationale. Dans le cadre du prochain budget à long terme de l'UE, Copenhague fera des négociations sur l'instrument de financement pour l'action extérieure une « priorité essentielle », a assuré le ministre.
« Si nous voulons que l’UE - et c’est bien notre volonté - joue un rôle mondial, nous devons nous assurer de disposer d’un budget stratégique et géopolitique ainsi que d’un instrument adapté à cet objectif », a-t-il déclaré.
« Nous vivons une époque où l’aide publique au développement subit d’importantes réductions et où le déficit de financement des Objectifs de développement durable ne cesse de croître. (...) Mais cette situation offre aussi des opportunités de positionner l’UE et de proposer des solutions dans les domaines où nous excellons », a estimé M. Rasmussen, qui veut croire à une approche intégrée de l'Union, incluant le secteur privé, les fondations et les institutions financières internationales.
Dans son projet de budget 2028-2034, présenté mercredi 16 juillet, la Commission européenne prévoit une enveloppe de 202 milliards d'euros pour le volet 'Europe dans le monde', soit une augmentation de 75% par rapport aux fonds actuels (109 milliards). Selon un document de présentation distribué par la Commission européenne, 43 milliards d’euros iraient aux pays de l’élargissement et du voisinage oriental, la même somme pour la région MENA et le Golfe, 60 milliards pour l’Afrique subsaharienne, 17 pour l’Asie et le Pacifique, et enfin, 9 milliards pour les Amériques et les Caraïbes. 15 milliards d'euros seraient réservés aux affaires mondiales et la même somme serait réservée à la réponse aux crises émergentes et aux besoins imprévus. Au-delà de ces fonds, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a proposé « 100 milliards d'euros pour renflouer à nouveau la Facilité pour l’Ukraine afin de soutenir la reprise, la résilience et, bien sûr, l’accès à l'adhésion à l'UE du pays ». Cette Facilité ne couvre pas le soutien militaire à Kiev.
3,4 milliards d'euros seront également envisagés « afin de continuer à contribuer aux objectifs de l’UE consistant à préserver la paix, renforcer la sécurité internationale, promouvoir la coopération internationale, ainsi que développer et consolider la démocratie, l’État de droit, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a indiqué la Commission. (Bernard Denuit, avec Camille-Cerise Gessant)