Les députés européens se sont montrés divisés, mercredi 18 juin, sur la qualification, ou non, de génocide concernant la situation à Gaza, lors d’un débat demandé par le groupe La Gauche intitulé 'Mettre fin au génocide à Gaza : l'heure des sanctions européennes est venue'.
« Génocide, génocide, génocide », a martelé Manon Aubry (La Gauche, francaise), estimant que « le gouvernement israélien organise méthodiquement et délibérément le génocide du peuple palestinien ».
Alors que Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol) a dénoncé les « déclarations clairement génocidaires de certains ministres » israéliens, Hilde Vautmans (Renew Europe, belge) a expliqué que « chaque jour où l’Europe n’agit pas, on est de plus en plus complice d’une violence génocidaire ». De même, pour Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise), « la complicité est d’ores et déjà un fait, mais il est possible de mettre fin à ce génocide, non pas par des déclarations, mais en intervenant ».
Une nouvelle fois, les représentants de plusieurs groupes politiques ont appelé à la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, à un embargo sur les armes ou encore à des sanctions économiques, commerciales, mais aussi individuelles.
Toutefois, selon Hildegard Bentele (PPE, allemande), si « personne ne nie les souffrances », il ne s’agit pas d’un génocide, « un des crimes les plus inimaginables », qui nécessite une « volonté démontrée d’un groupe pour exterminer un autre ».
D'après Juan Carlos Girauta Vidal (PfE, espagnol), dire qu’il y a un génocide à Gaza « est un mensonge », car la population de l'enclave a été multipliée « par 10 depuis 1950 ». « L’accusation de génocide contre un peuple qui a subi un véritable génocide, c’est infâme et c’est de l’antisémitisme pur », a-t-il jugé.
Sebastian Tynkkynen (CRE, finlandais) et Marc Jongen (ESN, allemand) ont expliqué que seul le Hamas commettait un génocide « contre les juifs ».
Sans prendre position sur le terme génocide, la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, a estimé que ce qui se passe à Gaza « dépassait l’objectif d’autodéfense » et que chaque jour qui passe, « l'humanité s'éloigne encore davantage ». Face aux critiques des eurodéputés et faisant part de sa frustration, elle a rappelé qu’elle représentait 27 États membres et que, s’il n’y avait qu’elle, des décisions auraient été prises. (Camille-Cerise Gessant)