Les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des États membres de l’Union européenne ont évoqué l’insertion des réfugiés ukrainiens sur le marché de l’emploi ainsi que la réponse de l’UE à la crise énergétique et à l’inflation, jeudi 13 octobre à Prague lors d'une réunion informelle.
Ils ont ainsi échangé sur les meilleurs pratiques en terme d’intégration professionnelle, « les meilleurs d’offres d’emploi possibles » avec de bonnes rémunérations et la façon d’éviter « l’exploitation » de ces millions de réfugiés, a résumé le ministre tchèque, Marian Jurečka.
Il a aussi été question des obstacles linguistiques et de la nécessité « d’offrir des cours de langue » aux Ukrainiens, ainsi que des problèmes de logement que rencontrent ces réfugiés, une situation qui commence à poser des problèmes dans certains États membres. La République tchèque, qui accueille un grand nombre de réfugiés, connaît des tensions de cette sorte, tout comme l’Allemagne qui aurait aujourd’hui des problèmes à loger tous les réfugiés ukrainiens.
Il est pourtant essentiel de continuer à aider les Ukrainiens qui fuient leur pays, a ajouté le ministre tchèque.
La réponse européenne à l'envolée des coûts de l’énergie a été discutée au déjeuner. Et, là aussi, les ministres ont échangé sur les pratiques mises en place.
Pour le commissaire européen aux Affaires sociales Nicolas Schmit, cette discussion a été très importante pour « montrer l’unité » continue des Européens dans l’accueil des réfugiés et pour partager les difficultés similaires que rencontrent les États membres.
La Commission continuera de tout faire pour aider les États membres à prendre en charge ces réfugiés et à les accueillir « dignement », a ajouté le commissaire. Tel fut le cas avec le paquet législatif 'CARE' qui a flexibilisé le déploiement des fonds structurels pour en réorienter une partie sur ce type d'intervention.
M. Schmit a reconnu cependant une difficulté supplémentaire pour l’UE résidant dans le fait que les Européens vivent aussi au même moment « une crise majeure de l’énergie et de l’inflation ». Il a, à cet effet, exprimé l’engagement de la Commission à « trouver les bonnes solutions » et à « gérer les conséquences sociales » de cette crise.
Nicolas Schmit préconise un instrument financier européen de type 'SURE'
Dans une interview accordée à la radio luxembourgeoise 100komma.7, le commissaire s’est dit ouvert à la création d'un nouvel instrument financier européen qui s’inspirerait de ce qui a été fait avec l'initiative 'SURE' d'aide aux régimes nationaux de chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19. Le nouvel instrument serait cette fois adapté aux problématiques spécifiques engendrées par la crise énergétique. M. Schmit rejoint ainsi l'appel lancé par ses homologues Thierry Breton et Paolo Gentiloni (EUROPE 13035/31).
L'opportunité de créer des financements européens supplémentaires n’a toutefois pas été discutée, a indiqué Marian Jurečka, estimant que ce sujet relève des ministres des Finances de l’UE. (Solenn Paulic)