Les pays membres de l'OTAN ont réaffirmé, jeudi 13 octobre, leur volonté de poursuivre leur soutien militaire à l’Ukraine.
« L'OTAN n'est pas partie au conflit, mais nous continuerons à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra », a souligné le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, à l’issue de la réunion des ministres de la Défense. La veille, leur homologue ukrainien, Oleksii Reznikov, avait fait le point sur la situation sur le champ de bataille.
« Notre tâche est de faire en sorte que l’armée ukrainienne puisse conduire des opérations significatives pendant l’hiver », a expliqué le secrétaire général.
Tout en remerciant les « contributions significatives » des Alliés, en particulier avec les dernières annonces en termes de défense aérienne, notamment de l’Allemagne, des États-Unis et de l’Espagne, M. Stoltenberg les a exhortés à continuer à se mobiliser. Il a rappelé que les Alliés fournissaient des systèmes avancés, notamment des pièces d'artillerie, des systèmes de défense aérienne et des véhicules blindés, du carburant, des vêtements d'hiver, des tentes et des fournitures médicales.
« L'OTAN va prochainement livrer à l'Ukraine des équipements de lutte contre les drones, avec des centaines de brouilleurs qui peuvent contribuer à rendre inefficaces les drones de fabrication russe et iranienne », a annoncé M. Stoltenberg.
Le secrétaire général a aussi mis en garde la Russie contre l’utilisation d’armes nucléaires. « Toute utilisation changera fondamentalement la nature du conflit et aura de sévères conséquences », a-t-il prévenu, soulignant que la Russie savait qu'une guerre nucléaire ne pouvait être gagnée et ne devait jamais être menée. M. Stoltenberg a expliqué que même l’utilisation d’une petite arme nucléaire serait sérieuse. Il a précisé que l’OTAN prenait les menaces très au sérieux. « Nous restons vigilants et nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, s’était montré plus menaçant. « Toute attaque nucléaire contre l'Ukraine entraînera une réponse, pas une réponse nucléaire, mais une réponse si puissante du côté militaire que l'armée russe sera anéantie, et Poutine ne doit pas bluffer », avait-il souligné dans un discours à Bruges.
Et alors que l’OTAN organisera, la semaine prochaine, un exercice régulier de dissuasion militaire, qui se tiendra au-dessus de la Belgique, la Russie devrait organiser un exercice annuel dans les prochaines semaines. Interrogé sur cet exercice, M. Stoltenberg a expliqué que l’OTAN avait de très bons renseignements et surveillait les forces nucléaires russes depuis des décennies.
Les Alliés ont également examiné les progrès accomplis pour renforcer la dissuasion et la défense de l’Alliance et décidé d’augmenter leurs stocks de munitions et d'équipements pour accélérer la livraison des capacités et utiliser le processus des plans de défense de l'OTAN pour fournir à l'industrie la demande à long terme dont elle a besoin pour stimuler la production. « Les agences de l'OTAN peuvent également aider les Alliés à faciliter les acquisitions et à organiser l'entreposage des équipements », a précisé M. Stoltenberg.
Les Alliés ont également discuté du renforcement de la protection des infrastructures critiques à la suite du sabotage des pipelines Nord Stream. Le secrétaire général a annoncé que les Alliés étaient convenus d'améliorer la résilience des infrastructures sous-marines et énergétiques essentielles, y compris en matière de cybersécurité. « De hauts experts en résilience de tous les Alliés se réuniront à l'OTAN pour la première fois cette année et examineront ce point en détail », a-t-il précisé.
La coopération entre l’OTAN et l’UE a également été discutée, notamment en lien avec les missions dans les Balkans occidentaux. « Dans un monde plus imprévisible, il est important de renforcer et d'approfondir la coopération OTAN-UE », a rappelé M. Stoltenberg, se réjouissant à la perspective de signer prochainement une nouvelle déclaration conjointe avec les présidents de l'UE. Celle-ci est attendue depuis plusieurs mois.
Par ailleurs, en marge du Conseil, les ministres de la Défense de quatorze pays de l’OTAN (Belgique, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Norvège, Slovaquie, Slovénie, Roumanie et Royaume-Uni) ont signé une lettre d’intention sur le lancement d’un projet de bouclier antimissile européen nommé ‘European Sky Shield’.
Pilotée par l’Allemagne, l'initiative porte sur la création d’un système de défense aérienne et antimissile à l’échelle européenne au travers de l’acquisition commune de matériel de défense aérienne et de missiles par des pays européens, a précisé l’OTAN dans un communiqué. (Camille-Cerise Gessant)