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Bulletin Quotidien Europe N° 13042
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CONSEIL DE L'EUROPE / Avenir de l'europe

« le Conseil de l’Europe doit voir la création de la Communauté politique européenne comme une opportunité de se renforcer », estime Rik Daems

Dimanche 9 octobre, les anciens présidents de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se sont réunis à l’initiative de son actuel président, le Néerlandais Tiny Kox, et de la secrétaire générale de l’Assemblée, Despina Chatzivasilíou. C’était en huis clos à Strasbourg, à la veille de la plénière et au lendemain de la réunion praguoise de la nouvelle Communauté politique européenne (CPE) que d’aucuns voient comme une rivale du Conseil de l’Europe. Le Belge Rik Daems, prédécesseur de Tiny Kox au perchoir de l’Assemblée, était présent à la rencontre de dimanche et livre ses réflexions à EUROPE. (propos recueillis par Véronique Leblanc)

Agence Europe: Le démarrage de la CPE a-t-il été perçu comme une menace pour le Conseil de l’Europe lors de cette réunion ?

Rik Daems : Je n’ai pas eu ce sentiment. Ce n’est en tout cas pas le mien et c’est ce que j’ai exprimé. Selon moi, l’UE a compris qu’elle devait tendre la main hors de ses frontières. L’Europe, ce n’est pas l’UE seule. La photo finale de la réunion de Prague est importante. Elle fait visuellement état d’une « Paneurope » politique dont la Russie et la Biélorussie ne font pas partie. Reste qu’il ne faut pas être naïfs, il y a évidemment un risque que la CPE essaie de chapeauter le Conseil de l’Europe, mais ce n’est pas mon impression à ce stade. 

Quelle est votre lecture de cette nouvelle configuration paneuropéenne qu’est la CPE ?

J’y vois une initiative très importante et une opportunité politique pour l’Europe. Elle rappelle l’Union de l’Europe occidentale (UEO), dont le rôle est resté très limité, ce qui, selon moi, a été une erreur. La CPE devra, elle, jouer ce rôle à part entière, mettre en œuvre les relations politiques et personnelles entre chefs d’État et de gouvernement, parler politiquement entre « patrons » pour trouver des solutions à des conflits comme celui qui oppose l’Arménie et l’Azerbaïdjan. 

Comment le Conseil de l’Europe doit-il se positionner face à la CPE ?

Il ne doit pas être sur la défensive, mais voir la création de la CPE comme une opportunité de se renforcer en mettant en avant son expertise Droits humains, État de droit et démocratie. Il faudra des synergies avec une CPE à ce stade axée énergie et défense. 

C’est ce que prône le rapport du Groupe d’experts sur l’avenir du Conseil de l’Europe publié le 7 octobre…

Effectivement, mais ce rapport n’évoque pas les points forts sur lesquels le Conseil de l’Europe a avancé ces dernières années : alors que la lutte contre les violences faites aux femmes (Convention d’Istanbul) est dans le rapport, l’intelligence artificielle et la reconnaissance du droit à un environnement sain comme un droit fondamental n'y sont pas mises en avant. 

Le rapport soutient l’idée d’un 4e sommet du Conseil de l’Europe, indispensable à ce moment charnière de son histoire. Qu’en pensez-vous ?

Comme l’ensemble de l’Assemblée, je soutiens cette idée et il est acquis, à ce stade, qu’il se tiendra à Reykjavik sous présidence islandaise. Sans doute à la mi-mai, ce qui pose des questions de calendrier, puisque la 2e réunion de la CPE est prévue en Moldavie à la même période. Il ne faut pas que les deux rencontres se concurrencent et il faudra déterminer laquelle aura lieu en premier. 

Une adhésion de l’UE à la Convention européenne des droits de l’homme est souvent présentée comme l’enjeu majeur de ce futur sommet. Partagez-vous ce point de vue ?

Cela ne concernerait que les 27 de l’UE alors que le Conseil de l’Europe rassemble 46 États membres, et donc 19 qui n’apprécieront pas d’être exclus du sujet clé. Pour ma part, je pense que si l’on veut que le Conseil de l’Europe et les chefs d’État européens se reconnectent à leur jeunesse, il faut mettre en avant avec vigueur la question de l’environnement en tant que droit fondamental. 

La réunion de dimanche dernier est-elle appelée à se renouveler?

Elle aura effectivement une suite et c’est important. Ce type de format permet aussi de partager des expériences nationales. La venue dimanche de Mevlüt Çavuşoğlu, ancien président de l’Assemblée et actuel ministre des Affaires étrangères turc, signifie que, pour la Turquie, le Conseil de l’Europe ne peut pas être négligé.

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