L'actuel directeur des programmes d’observation terrestre de l'Agence spatiale européenne (ESA), l’Autrichien Josef Aschbacher, a été nommé au poste de directeur général de l’Agence à l’issue d’une réunion de deux jours du Conseil de l’ESA, jeudi 17 décembre.
Cette nomination était attendue depuis son élection plus ou moins confidentielle le mois dernier en interne, qu’EUROPE avait rapportée (EUROPE 12610/26), élection qu'il avait gagnée face au ministre espagnol chargé de la Science, Pedro Duque, et au norvégien Christian Hauglie-Hanssen. Ainsi, la nomination met fin à un long processus de sélection de six mois (EUROPE 12511/14, 12417/12)
L’Autrichien, qui avait enregistré d'excellents résultats pour ses programmes lors de la ministérielle de Séville en 2019 (EUROPE 12379/2), prendra ainsi la succession de l’Allemand Jan Wörner, dont le mandat se terminera fin juin 2021.
M. Aschbacher a indiqué, lors d'une conférence de presse en ligne, qu’il était en train de préparer un document pour le début de son mandat, dans lequel sera détaillée sa vision pour la politique spatiale d’ici 2025. Et d’ajouter que parmi ses priorités figuraient les relations avec l’Union. « Mais il n’y a qu’un seul directeur général », s’est-il empressé d’ajouter, indiquant que, pour l’heure, M. Wörner restait le seul maître à bord. M. Wörner, de son côté, a assuré qu’il garantira une transition « en douceur ».
Ce dernier a détaillé les principaux points de la réunion du Conseil, notamment un document qu’il a présenté aux États membres dans lequel il expose sa vision de l’avenir financier de l’ESA pour la décennie à venir. Le Conseil a été également l’occasion de parler de la situation de l’industrie spatiale en Europe à l’heure de la pandémie.
Il a également fait un rapport aux États membres sur l’état des négociations sur la convention-cadre de partenariat financier (FFPA) avec la Commission européenne, pour l’heure en souffrance (EUROPE 12606/6). Interrogé par EUROPE, M. Wörner a confirmé que les négociations restaient difficiles, et qu’elles constituaient sa priorité pour les semaines à venir. En début de semaine, une nouvelle réunion s’est tenue entre l’ESA et la Commission, sans succès.
Interrogé sur le récent accord interinstitutionnel entre le PE et le Conseil sur le programme spatial (EUROPE 12624/21), M. Wörner a dit regretter le déficit de plus de 2 milliards d’euros pour Copernicus du côté de l’UE. Il a par ailleurs espéré qu’il y aura rapidement un accord avec le Royaume-Uni pour que le pays (qui est membre à part entière de l’ESA) puisse avoir un rôle clarifié dans le paysage spatial européen. « Le coronavirus nous a montré que notre Terre est trop petite (et l'Europe aussi) pour penser en termes de frontières », a-t-il conclu. (Pascal Hansens)