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Bulletin Quotidien Europe N° 12613
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Le recours à différents types d’hydrogène divise les eurodéputés

Si tous les membres de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen ont semblé convaincus du rôle indispensable de l’hydrogène dans les efforts de décarbonation de l’Union européenne, ils ont exprimé des positions parfois très différentes concernant l’utilisation de différentes formes d’hydrogène, mardi 1er décembre, lors de la présentation du rapport d’initiative de Jens Geier (S&D, allemand) relatif à la 'stratégie hydrogène' de l’UE (EUROPE 12601/8).

Présentée le 8 juillet dernier (EUROPE 12523/1), cette stratégie met l’accent sur le développement de l’hydrogène renouvelable (produit grâce à des électrolyseurs alimentés par de l’électricité issue des énergies renouvelables), souvent désigné par le terme ‘hydrogène vert’.

Néanmoins, elle prévoit également un rôle pour l’hydrogène à faible teneur en carbone, défini par la Commission européenne comme l’hydrogène d’origine fossile avec capture du carbone, aussi appelé ‘hydrogène bleu’, et l’hydrogène d’origine électrique avec des émissions totales de gaz à effet de serre considérablement réduites par rapport à la production d’hydrogène existante.

Or, pour Damien Carême (Verts/ALE, français), la stratégie devrait se concentrer sur « un développement massif et coordonné de l’hydrogène issu des énergies renouvelables uniquement (…), contrairement à ce que soutiennent le PPE et l’extrême droite ».

Il a ainsi appelé à redoubler d’efforts pour multiplier largement les capacités d’énergies renouvelables de l’UE et à encourager massivement la recherche dans les technologies d’électrolyse, de stockage et de transport, tout en renforçant la coopération des acteurs des renouvelables.

Même son de cloche du côté de Manuel Bompard (GUE/NGL, français), qui estime important de ne pas « maquiller l’utilisation de gaz sous une autre forme énergétique que serait l’hydrogène ».

Dans cette optique, les deux eurodéputés ont plaidé pour que les ONG et la société civile aient davantage leur mot à dire, notamment au sein de l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre, qui ne compte actuellement que 7 organisations représentant la société civile sur plus de 800 membres.

Angelika Niebler (PPE, allemande), en revanche, a estimé que la mise en place d’un véritable marché européen de l’hydrogène ne pouvait se faire sur la seule base de l’hydrogène vert, plaidant pour que le gaz soit utilisé de manière transitoire.

Pour Thierry Mariani (ID, français), l’UE doit adopter une terminologie technologiquement neutre, qui considère l’hydrogène bas carbone comme une source d’énergie propre et n’exclut pas le recours au nucléaire pour produire de l’hydrogène. Et d’ajouter : « l’hydrogène bas carbone ne doit pas seulement avoir un rôle transitoire, car l’hydrogène produit uniquement à partir des énergies éolienne et solaire est manifestement insuffisant pour répondre aux objectifs d’électrification européens ».

À l’instar de M. Mariani, Zdzisław Krasnodębski (CRE, polonais) a insisté sur la nécessité d’adopter une approche technologiquement neutre et a défendu le rôle du nucléaire. Il a en outre appelé M. Geier « à reconnaitre que nous devons continuer à développer tous les types d’hydrogène, y compris l’hydrogène gris (produit à partir des combustibles fossiles) ».

Les membres de la commission ITRE ont maintenant jusqu’au 10 décembre pour déposer leurs amendements. (Damien Genicot)

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