L'Union européenne pourrait autoriser la commercialisation des premiers vaccins contre la Covid-19 dans les prochaines semaines. L'Agence européenne des médicaments (EMA) est en train d'analyser les demandes d'autorisation de mise sur le marché conditionnelle introduite par Pfizer-BioNTech et Moderna. Elle pourrait prendre une décision « au plus tard » le 29 décembre pour le premier, et le 12 janvier pour le second.
L'Agence de l'UE a confirmé, mardi 1er décembre, avoir reçu jusqu'ici deux demandes d'autorisation conditionnelle pour les candidats vaccins contre la Covid-19, l'une introduite par la filiale espagnole de Moderna pour son candidat ARNm1273 et l'autre par le consortium formé par Pfizer et BioNTech pour le candidat BNT162b2. Déjà engagée dans un processus d'examen en continu ('rolling review'), l'EMA affirme qu'elle mènera son évaluation selon un calendrier accéléré, qui devrait durer seulement quelques semaines si les données soumises sont suffisamment solides et complètes pour démontrer la qualité, la sécurité et l'efficacité du vaccin.
L'EMA remettra ensuite son avis à la Commission européenne, afin de permettre à cette dernière de prendre une décision finale. « C'est évidemment une décision qui doit être prise d'urgence », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Stefan De Keersmaecker. « Si l'EMA donne une recommandation positive, la Commission fera tout son possible pour arriver à une décision d'autorisation rapide, après consultation des États membres », a-t-il poursuivi, évoquant une question de « jours ».
La décision de la Commission relève de la procédure dite de 'comitologie', qui nécessite l'approbation à la majorité qualifiée des États membres réunis au sein d'un comité dédié.
L'eurodéputé Peter Liese (PPE, allemand) a accueilli favorablement ce calendrier. Selon lui, la procédure de contrôle choisie par l'UE risque d'être plus longue que la procédure d'urgence appliquée par les États-Unis ou le Royaume-Uni. « La confiance, c'est bien, le contrôle, c'est mieux », a-t-il souligné. (Sophie Petitjean)