login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12275
Sommaire Publication complète Par article 19 / 32
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

La crise dans le Golfe s’invite au Conseil des ministres des Affaires étrangères

La crise dans le Golfe pourrait s’inviter au Conseil 'Affaires étrangères' de lundi 17 juin à Luxembourg, ont souligné, vendredi 14 juin, plusieurs sources européennes.

L’efficacité de la politique étrangère et de sécurité commune, la stratégie globale, le Soudan et le Proche-Orient seront également au menu de la réunion ministérielle.

« Les ministres viennent au Conseil (…) pour discuter, entre autres choses, des événements actuels » en mer d'Oman, a notamment expliqué la porte-parole de la Haute Représentante, interrogée sur la situation en mer d’Oman. Deux pétroliers – l’un japonais, l’autre norvégien – ont été pris pour cible, le 13 juin, un mois après le sabotage de quatre navires. Les États-Unis accusent l’Iran d'être derrière les attaques. L’UE a appelé à la retenue, le 14 juin, estimant que la région n’avait pas besoin d’être déstabilisée encore davantage.

Les ministres discuteront aussi de deux sujets plus généraux : l’efficacité de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), puis, avec leurs homologues de la Défense, de la Stratégie globale de l’UE, trois ans après son adoption (EUROPE 11581/15).

PESC. Les ministres réfléchiront à des idées pratiques pour améliorer l’efficacité de la PESC, notamment pour la prendre plus crédible, plus réactive et plus coordonnée. En amont du Conseil, neuf États membres avaient, dans un document informel, plaidé pour la réalisation du « potentiel » de l’UE en tant qu’acteur mondial (EUROPE 12250/15).

Selon une source européenne, une des questions posées est : faut-il toujours agir à 28 ou agir par groupe de pays, au nom de l’UE, comme c’est par exemple le cas avec l’E3 pour l’Iran?

Le Conseil pourrait notamment s’entretenir du vote à l’unanimité sur certaines questions de politique étrangère, comme proposé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (EUROPE 12094/4). « Un des avantages du consensus est que les États membres se sentent liés. (Avec la majorité qualifiée), il y a un risque de faux consensus, le risque qu’un pays qui n’aurait pas adopté la position ne la suive pas au risque de la fragmenter encore plus », a estimé une source européenne, tout en reconnaissant que, même avec des décisions à l’unanimité, celles-ci ne sont pas toujours défendues par tous les ministres une fois de retour chez eux.

Une autre question porte sur comment accroître la place de l’UE dans les organisations internationales.

Stratégie globale. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense s’entretiendront ensuite sur la mise en œuvre de la stratégie globale, en se fondant sur le troisième rapport annuel sur l'état d'avancement des travaux, présenté par la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et intitulé ‘The EU Global Strategy: three years on, looking forward’. À l’issue de la discussion, le Conseil adoptera des conclusions portant sur un multilatéralisme efficace et sur la sécurité et la défense. À l’inverse, la question de la participation des pays tiers aux projets de la coopération structurée permanente (CSP) n’avance pas et ne fera donc pas l’objet d’un accord au Conseil.

Soudan. Les ministres discuteront de la situation préoccupante au Soudan depuis le coup d'État militaire et, en particulier, de la répression meurtrière de manifestations à Khartoum, le 3 juin, qui a conduit l’Union africaine à suspendre le Soudan de ses activités jusqu'à la mise en place effective d'une autorité civile de transition (EUROPE 12271/17). Ils auront d’abord  un échange par vidéoconférence avec l’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Soudan, Mohamed El Hacen Lebatt. La discussion se poursuivra entre les ministres européens sur les moyens d'éviter toute escalade de la violence, sur  la possibilité d’une transition civile et d’un paquet de soutien éventuel que pourrait mobiliser l’UE une fois que cette transition aura eu lieu. Une déclaration sera adoptée à l’issue de cet échange.

Les options politiques dont il pourra être question sont « dans un bon scénario, un allégement de la dette et la programmation de l’aide européenne, mais dans un mauvais scénario, rien de tout cela », soulignait vendredi 14 juin, une source diplomatique. Et d'insister sur l'importance que l'UE soutienne la médiation en vue d'une transition civile.

La situation présente un risque interne, mais aussi de déstabilisation de l’Afrique de l’Est, raison pour laquelle il faut encourager le dialogue et la transition civile tout en maintenant les structures de l’État soudanais, estimait le même jour une autre source européenne.

Jordanie. En amont de leur déjeuner avec le ministre des Affaires étrangères jordanien, les Européens s’entretiendront de la situation au Moyen-Orient. Lors du déjeuner, la situation au proche orient devrait être discutée, alors que les Américains pourraient bientôt présenter leur plan de paix (EUROPE 12269/19). Le volet économique du plan devrait être dévoilé lors d’une conférence à Manama (Bahreïn) les 25 et 26 juin, conférence à laquelle le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a été invité. Les Européens devraient rappeler que la paix économique ne peut pas remplacer la paix politique.

La situation en Syrie et la question du retour des réfugiés pourraient également faire l’objet d’un débat. Si les Jordaniens poussent pour le retour des Syriens chez eux, pour les Européens, cela ne pourra se faire qu’une fois les conditions réunies.

Enfin, les tensions dans le Golfe pourraient également être abordées avec le ministre jordanien.

Le Conseil sera suivi d’un Conseil d’association UE-Jordanie.

Divers. Rapidement, le Conseil discutera des récents développements au Venezuela, alors que des négociations entre représentants de l’opposition et du régime sont en cours. La crise politique en Moldavie sera également abordée (EUROPE 12272/17). Le pays a actuellement deux présidents et la Commission de Venise doit se prononcer, le 20 juin, sur la légitimité de la dissolution du Parlement par la Cour constitutionnelle.

Les développements sur la loi Helms-Burton, tout comme les effets extraterritoriaux des sanctions américaines contre l’Iran pourraient également être mentionnés.

Les ministres décideront d’abroger le cadre - vide- de sanctions à l’encontre des Maldives (EUROPE 12269/20) et adopteront, sans débat, des conclusions sur l’engagement de l’UE en faveur de la coopération régionale dans la zone de la mer Noire, et d’autres conclusions établissant une nouvelle stratégie de l’UE pour l’Asie centrale (EUROPE 12255/20). Des conclusions sur les droits de l'homme consignant les orientations de l'UE relatives à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement seront également adoptées sans débat.

Voir le rapport de la Haute Représentante sur la stratégie globale : https://bit.ly/2KOSqaD  (Camille-Cerise Gessant, Aminata Niang et Hermine Donceel)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
BRÈVES
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER
CALENDRIER BIS