Le système des Spitzenkandidaten est une vraie avancée démocratique et ce serait une erreur de ne pas le respecter, ont averti, vendredi 14 juin, deux ‘vétérans’ du groupe PPE au Parlement européen, le Français Alain Lamassoure et l’Allemand Elmar Brok, qui ont tous deux quitté leur siège d’eurodéputé.
Assurant qu’ils ne se faisaient pas les porte-paroles de leur famille politique, arrivée en tête des élections européennes du 26 mai, ils ont évoqué l’article du Traité qui organise la nomination du président de la Commission: l'accord à trouver entre le PE et le Conseil sur un candidat doit refléter le résultat des élections.
Mais l’élection de ce président revient au PE, qui a « le dernier mot » et porte la parole des « citoyens », a insisté Alain Lamassoure. Le Français a estimé le contexte actuel plus difficile qu'en 2014, en raison d'une majorité à bâtir au PE plus éclatée entre plusieurs grands groupes politiques. Tout est « ouvert » dans la combinaison des Spitzenkandidaten actuellement connus, mais ce système doit avant tout être respecté, a-t-il souligné.
À ce stade, les quatre principaux groupes politiques pro-européens au Parlement - PPE, S&D, Renew Europe et Verts/ALE - négocient leur programme de travail commun, qui pourrait être prêt dès lundi 17 juin au soir ou mardi 18 juin en amont du sommet européen des 20 et 21 juin (EUROPE 12273/17).
Vendredi, Alain Lamassoure n’a d’ailleurs pas exclu qu’un nom commun puisse être soumis dans le cadre de cet exercice, même si d’autres sources étaient plus prudentes.
En attendant, au sein du Parti populaire européen, bon nombre d’acteurs internes continuent de croire que l'Allemand Manfred Weber a toujours toutes ses chances de présider la Commission, bien que l'ambiance post-électorale soit plus morose qu’en 2014, quand la victoire avait été plus nette. Et malgré les doutes, « il y a unité derrière lui », selon son entourage.
L’un des grands obstacles à l'accession de M. Weber à la tête de la Commission reste cependant le président français, Emmanuel Macron, qui répète son opposition à sa candidature. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a aussi voix au chapitre dans les négociations sur les hautes fonctions européennes à pourvoir d'ici fin 2019. Et sa proximité avec le Français est un paramètre à prendre en compte.
Vendredi, M. Weber s'est rendu en Slovaquie, l’un des pays du groupe de Visegrád, dirigé par un gouvernement social-démocrate à convaincre. Le Hongrois Viktor Orbán, dont le parti a été suspendu du parti PPE, a déjà indiqué qu’il ne le soutiendrait pas. (Solenn Paulic)