La Russie et l'Union européenne ont dit espérer, jeudi 13 juin, que les prochaines négociations trilatérales (Russie, UE et Ukraine) sur le transit du gaz russe vers l'Europe via le territoire ukrainien reprendront « durant la seconde moitié » du mois de septembre, soit à l'issue des élections parlementaires ukrainiennes prévues pour cet été.
« La Russie est prête à poursuivre le transit du gaz via l'Ukraine et à assurer les livraisons de gaz aux consommateurs européens. Nous sommes prêts à prolonger le contrat aux conditions existantes », a déclaré le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, à l'issue d'une rencontre à Moscou avec le vice-président de la Commission pour l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič.
L'accord de transit entre la Russie et l'Ukraine arrive à son terme fin 2019 et ces deux pays n'arrivent pas à se mettre d'accord pour la suite. « Nous estimons que nous n'avons pas besoin d'un plan B (...), car nous avons toujours trouvé de bonnes solutions constructives », a souligné de son côté le commissaire européen.
Moscou espère que « les nouvelles autorités ukrainiennes pourront faire preuve d'une approche pragmatique quant à la poursuite du transit via leur territoire après 2019 », a encore déclaré jeudi M. Novak.
Le directeur exécutif de la compagnie de gaz ukrainienne Naftogaz, Yuriy Vitrenko, a aussitôt réagi aux propos de M. Novak, accusant Moscou de retarder ces pourparlers.
Fin 2019, deux gazoducs - le germano-russe Nord Stream 2 et le turco-russe Turkish Stream - contournant le territoire ukrainien sont censés entrer en service, ce qui priverait Kiev d'une manne financière conséquente et d'une arme de poids face à la Russie.
Le ministre russe Alexander Novak a salué l’approche constructive de la Commission européenne au sujet de la mise en œuvre de la nouvelle directive sur le gaz qui doit encadrer la construction du gazoduc Nord Stream 2.
Dans ce contexte, le géant gazier ukrainien Naftogaz a déposé, en mai dernier, une plainte contre la compagnie gazière russe Gazprom auprès de la Commission pour abus de position dominante sur le marché européen du gaz (EUROPE 12250/19).
Les États-Unis, très opposés au projet Nord Stream 2, le menacent de sanctions. Cette position est vivement soutenue par le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui, fin mai, a réclamé de nouvelles sanctions économiques de Washington contre la Russie. (Lionel Changeur)