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Bulletin Quotidien Europe N° 12275
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POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Le secteur spatial européen enregistre un recul de ses commandes commerciales pour la première fois en 15 ans

Le secteur spatial européen a connu un recul de 3% en 2018, selon les chiffres présentés à un groupe de journalistes, jeudi 13 juin, par Eurospace, l’organisation qui représente des acteurs clés du secteur industriel spatial européen. Pour les intervenants, l’UE manque d’une réelle vision stratégique où prévaudrait notamment la préférence européenne.

Après une quinzaine d’années d'augmentation des ventes, le secteur spatial européen est confronté à un ralentissement en 2018, note l’organisation qui a constaté une perte sèche de 500 millions d’euros pour le secteur satellitaire commercial européen qui s'est stabilisé à 2 milliards d’euros environ.

La baisse des marchés commerciaux et d'exportation européens n’a été que partiellement compensée par la croissance du marché institutionnel européen, le principal marché de l'industrie spatiale européenne, explique l’organisation.

« C’est un retournement important, qu’on n'a jamais constaté précédemment », explique Pierre Lionnet, directeur recherche au sein d’ASD-Eurospace. « Aujourd'hui, c’est une source d’inquiétude pour l’avenir », a-t-il ajouté.

L’Europe est également menacée dans le secteur des lanceurs. « Space X (acteur privé américain dans le secteur du lancement) a mis hors circuit les lanceurs russes, pourtant les moins chers du marché et, aujourd’hui, met en danger Arianespace », a expliqué M. Lionnet. L’expert a rappelé que Space X avait pris entre 3 à 4 commandes à Arianespace sur une année, Arianespace qui a un carnet de commandes en moyenne de 15 lancements environ par an. « C’est énorme ! », poursuit-il, précisant que chaque perte de client revient à un manque à gagner de 150 millions d’euros de recettes.

Le problème, selon l’organisation, est le manque de vision stratégique des États membres, qui voient tous le marché spatial, « comme un marché comme un autre », à l’exception de la France. Toutefois, les positions commencent à bouger, note Lucas Buthion, à la tête du bureau bruxellois d'Eurospace.

Ce dernier fait un constat : le principe de la préférence européenne n’est pas « gravé dans le marbre », mais reste « une pratique », par définition non contraignante. Par ailleurs, l’Union souffre d’un secteur militaire spatial très peu développé par rapport à ses concurrents directs internationaux.

Bien que l’Europe ait, certes, le deuxième budget agrégé dans le secteur spatial au monde (environ 9 milliards de dollars contre 44 milliards d’euros pour les États unis), elle est tombée en termes d’activité à la quatrième place derrière la Chine, et la Russie.

Pour consulter les chiffres : https://bit.ly/2F9Ybfn (Martin Molko, stagiaire et Pascal Hansens)

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