La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a soutenu, jeudi 6 juin dans la soirée, la décision prise, plus tôt dans la journée, par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) de suspendre le Soudan des activités de l'UA jusqu'à la mise en place effective d'une autorité civile de transition.
Cette décision « établit des critères clairs pour le rétablissement d'un processus politique pacifique et crédible afin de répondre aux aspirations légitimes de la population soudanaise », a estimé la porte-parole dans un communiqué. « Les négociations avec les Forces pour la liberté et le changement en vue de la mise en place d'une autorité transitoire dirigée par des civils doivent reprendre sur la base des accords conclus à ce jour », a-t-elle appelé.
De plus, selon la porte-parole du SEAE, l’UE se joint à l’UA pour appeler à la cessation immédiate de la violence et à une enquête crédible sur les événements de ces derniers jours. Lundi 3 juin, la répression violente aurait fait plus de 100 morts (EUROPE 12267/26).
La porte-parole a aussi rappelé que toutes les personnes détenues pour des motifs politiques, y compris le chef rebelle Yasir Arman, devaient être libérées et celles portées disparues être immédiatement retrouvées.
Enfin, selon elle, la demande de l'Union africaine de ne pas voir les puissances extérieures s'immiscer dans le processus de résolution de la crise actuelle doit être satisfaite sans délai. Dans ce contexte, l’UA pourrait prendre des mesures punitives à l'encontre des personnes et entités qui font obstacle à la mise en place d'une autorité transitoire dirigée par des civils, a noté l’UE.
Fin février, Mme la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité avait menacé le pays de sanctions (EUROPE 12205/13). (Camille-Cerise Gessant)