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Bulletin Quotidien Europe N° 12271
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Les candidats à la tête du parti conservateur rivalisent pour bloquer le filet de sécurité irlandais

L’UE pourrait bien devoir finaliser le Brexit avec Boris Johnson, l’ancien maire de Londres et actuel chroniqueur du Telegraph ; une perspective redoutée depuis longtemps à Bruxelles. Et cette situation replace le filet de sécurité relatif à la frontière irlandaise dans la bataille du Brexit.

Alors que Theresa May démissionne officiellement ce vendredi, la course au poste de nouveau Premier ministre a sérieusement commencé. Mme May restera toutefois aux commandes jusqu’à la semaine du 22 juillet, après la désignation de son successeur.

Onze candidats se sont présentés et au moins six d’entre eux fondent leur campagne sur une promesse de renégocier l’accord du Brexit avec l’UE : M. Johnson (l’ancien ministre des Affaires étrangères et maire de Londres) ; l’ancien ministre en charge du Brexit, Dominic Raab ; le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt ; le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid ; le ministre de la Santé, Matt Hancock ; le député Mark Harper.

Plus précisément, ils souhaitent supprimer complètement ou fixer une limite de temps au filet de sécurité irlandais, la police d’assurance qui maintiendrait essentiellement le Royaume-Uni dans certains aspects de l’union douanière et du marché unique jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange. Selon eux, des « arrangements alternatifs » peuvent être mis en place.

La position officielle de l’UE est que l’accord de retrait ne sera pas renégocié, ce qui a été répété au cours du sommet informel de l’UE, organisé le 28 mai et cette semaine dans la salle de presse de la Commission.

Des « arrangements alternatifs »

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a récemment déclaré, dans un entretien publié dans le New York Review of Books, que l’UE est disposée à examiner des « arrangements alternatifs » (y compris « la technologie, les drones, les contrôles invisibles »), dans le cadre d’un accord commercial à long terme après le Brexit, mais que les infrastructures ne sont tout simplement pas prêtes.

« Nous avons déclaré qu’après l’approbation de l’accord de retrait, nous pouvons immédiatement commencer à travailler sur une solution à long terme pour la frontière irlandaise », a-t-il ajouté. « Le filet de sécurité est une assurance, au cas où nous ne trouverions pas cette solution ».

Certains observateurs du Brexit, comme Matt Carthy, député européen du Sinn Féin (qui a été réélu le mois dernier), avancent que l’Irlande devra « rester vigilante » sur ce filet de sécurité si le Royaume-Uni cherche à utiliser « des termes qui viseraient à l’affaiblir ».

« Le débat en cours dans les hautes sphères du parti conservateur renforce le fait qu’ils ne comprennent rien quand il s’agit de l’Irlande », a déclaré M. Carthy à B-Word. « Le filet de sécurité est la moins mauvaise option et ne peut pas être renégocié ».

Dans un bulletin politique, Sam Lowe du Centre for European Reform avance que les « arrangements alternatifs » vendus par quelques partisans du Brexit n’élimineront pas le besoin de mettre en place des contrôles frontaliers, en particulier pour les importations de denrées alimentaires, d’animaux vivants et de plantes.

« Le trilemme du Brexit est bien présent », écrit M. Lowe. « Le Royaume-Uni peut avoir deux des trois choses suivantes, mais pas toutes : la sortie du marché unique et de l’union douanière, un Brexit de l’ensemble du Royaume-Uni et l’absence de frontière irlandaise. L’existence d’un filet de sécurité dans l’accord de retrait suggère que Mme May, bien que réticente, avait compris cette situation. Mais de nombreux partisans du Brexit, de son parti et au-delà ne sont pas encore arrivés à cette conclusion ».

Accord ou pas accord ?

Entre-temps, l’ancienne leader de la Chambre des Communes, Andrea Leadsom, et l’ancienne ministre du Travail et des Pensions, Esther McVey, font ouvertement pression pour une sortie sans accord ou, du moins, une absence d’accord « gérée », ce qui, selon Mme Leadsom, s’accompagnerait de mini-accords sectoriels avec l’UE.

Le président américain, Donald Trump, qui était au Royaume-Uni cette semaine (EUROPE 12268/15), a également encouragé un Brexit sans accord, déclarant au Sunday Times que le pays devrait « simplement s’en aller » s’il n’obtenait pas ce qu’il veut. Il a en outre apporté son soutien à M. Johnson comme successeur de Mme May.

Lors d’un bref séjour en Irlande, M. Trump a comparé la frontière irlandaise à l’impasse sur la question de l’immigration à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, mais a assuré au Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, que « tout va très bien se passer. Pour vous également, avec votre mur, votre frontière ».

Il a rapidement été repris par M. Varadkar, qui a répondu qu’une frontière était justement ce que l’Irlande et l’UE essaient d’éviter. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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