Plusieurs vice-présidents et membres du Bureau du PE (Zdzisław Krasnodębski, CRE, polonais ; Fabio Massimo Castaldo, ELDD, italien ; Sylvie Guillaume, S&D, française ; Pavel Telička, ADLE, tchèque) ont demandé des comptes au président du PE, Antonio Tajani, à la suite de la suspension de l’accréditation des eurodéputés espagnols nouvellement élus.
Selon une série de courriels consultés par EUROPE, ces eurodéputés ont partagé un certain mécontentement auprès de leurs collègues et du président du PE. Répondant à un courriel d’un député espagnol jugeant la décision de parfaitement « injuste et arbitraire », Pavel Telička a rétorqué qu’il n’a pas été impliqué dans la décision.
« Je n'ai pas participé à cette prise de décision et on ne m'a pas demandé de prendre position sur la question. J'espère que le président Tajani clarifiera cette question et pas seulement auprès de vous », a écrit le député tchèque dans un courriel daté du 4 juin. Jeudi 6 juin, les députés Fabio Massimo Castaldo et Sylvie Guillaume confirmaient que le Bureau n’a jamais été impliqué dans la décision.
La décision du PE de suspendre l’intégralité des accréditations, vendredi 31 mai (EUROPE 12267/5), n’en finit pas de faire des vagues. Cette décision avait été prise à la suite de la suspension de l’accréditation de MM. Carles Puigdemont et Toni Comin. Ces deux derniers doivent prêter serment sur la Constitution en Espagne pour pouvoir être députés européens. Or, retourner sur le sol espagnol les exposerait au risque d’être immédiatement incarcérés pour avoir organisé le référendum sur l’indépendance de la Catalogne.
Certains représentants politiques catalans n’hésitent pas à appeler le PE, en tant qu’institution souveraine, à faire fi des règles nationales (EUROPE 12270/16). (Pascal Hansens)