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Bulletin Quotidien Europe N° 12272
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ACTION EXTÉRIEURE / Moldavie

Face à la crise politique, les Européens appellent au calme et au dialogue

L’Union européenne a appelé, le 9 juin, au calme et au dialogue en Moldavie, alors que le pays s’enfonce dans une crise politique.

Le 9 juin, après des mois de discussions (EUROPE 12268/13), le Parti socialiste du président pro-russe, Igor Dodon, avait conclu un accord de coalition inédit avec l'alliance pro-européenne ACUM de Maïa Sandu, avec pour objectif d’écarter du pouvoir le Parti démocrate présidé par l'oligarque controversé Vlad Plahotniuc. Toutefois, la veille, la Cour constitutionnelle avait demandé la dissolution du Parlement et l'organisation de nouvelles élections, en raison de l'impossibilité de former un gouvernement dans les trois mois ayant suivi les élections (EUROPE 12201/4). Le président ayant refusé de signer le décret de dissolution, il a été suspendu de ses fonctions le 10 juin par la Cour constitutionnelle et remplacé par le Premier ministre, Pavel Filip, membre du Parti démocrate, qui a dissous le Parlement et convoqué des élections législatives anticipées pour le 6 septembre.

Lundi 10 juin, dans une déclaration commune, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Pologne et la Suède ont annoncé leur soutien au Parlement moldave « comme le représentant du peuple de Moldavie et comme le lieu le plus approprié pour débattre des questions politiques, y compris les plus controversées ». « Nous appelons au calme et à la retenue. Toutes les parties portent la responsabilité de la résolution de cette crise constitutionnelle par des moyens pacifiques », ont-ils également prévenu.

La veille, ayant pris « bonne note des décisions du Parlement, notamment sur la formation de la coalition gouvernementale », la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn – qui s’était rendu dans le pays la semaine dernière (EUROPE 12268/13) – avaient réitéré « avec force » leur appel au calme et à la retenue.

« Le dialogue entre les représentants démocratiquement élus doit rester la clé pour trouver une solution à la crise politique actuelle », avaient-ils prévenu. Selon Mme Mogherini et M. Hahn, l’UE est prête à travailler avec le gouvernement légitime constitué démocratiquement, rappelant que le respect de l'État de droit et de la démocratie devait rester le pilier de leurs relations.

Même son de cloche à l’OTAN, qui dit suivre la crise « avec préoccupation ». « Nous appelons toutes les forces politiques du pays à faire preuve de calme et de retenue, à résoudre leurs différends par le dialogue dans le plein respect de l’État de droit. Les dirigeants démocratiquement élus de la République de Moldavie doivent travailler ensemble pour la résolution de cette crise », a plaidé la porte-parole du secrétaire général.

De son côté, le Conseil de l’Europe s’est inquiété de la dissolution du Parlement. « Les décisions de la Cour constitutionnelle sont difficiles à comprendre et semblent arbitraires, compte tenu du texte de la Constitution et des normes relatives à l’État de droit », a déclaré Thorbjorn Jagland, qui se dit « extrêmement préoccupé par les derniers événements en Moldavie ». Il a dès lors décidé, « en sa qualité de Secrétaire général du Conseil de l’Europe » de demander un avis urgent à la Commission de Venise, notamment sur les conditions de dissolution du Parlement. (Camille-Cerise Gessant)

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