La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé « important », mardi 11 juin, que soit entendu « l'appel en faveur du changement » des Européens dans le choix des priorités stratégiques et des personnalités politiques pour le prochain cadre institutionnel.
Mme Vestager s'est référée à une participation plus importante des électeurs aux dernières élections européennes et a noté qu'« une nouvelle coopération » sera nécessaire au sein du Parlement afin d'assurer une majorité politique pro-européenne stable.
En parallèle des travaux au Conseil (EUROPE 12271/2), le Parlement européen se met en ordre de marche pour faire pression dans l'élaboration d'un agenda stratégique pour les cinq prochaines années. Les quatre groupes politiques pouvant former une majorité pro-européenne stable - PPE, S&D, ADLR&R, Verts/ALE - ont nommé leurs représentants ou sont en passe de le faire. Les cinq groupes de travail se réuniront jeudi 13 et vendredi 14 juin en vue d'une finalisation des travaux le lundi 17 juin.
Rappelant avoir défendu la vision des libéraux lors du débat électoral des Spitzenkandidaten, organisé dans l'hémicycle du PE (EUROPE 12255/2), la commissaire se considère candidate tête de liste de sa famille politique dans la course à la présidence de la Commission européenne. Mais elle a elle-même admis qu'il était très difficile de prédire ce qui se passera dans les prochaines semaines concernant les nominations aux hautes fonctions européennes qui deviendront vacantes d'ici la fin de l'année.
D'aucuns reprochent à Mme Vestager de ne pas avoir été candidate aux élections européennes et d'avoir dévoilé son ambition pour la Commission uniquement le soir des résultats électoraux (EUROPE 12263/2).
Lors d'un débat organisé par Politico, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a à nouveau souhaité la poursuite du processus des Spitzenkandidaten, « petite avancée démocratique » au niveau européen. Constatant que le parti PPE avait encore remporté les élections européennes en 2019, « la logique » voudrait, selon lui, que son candidat tête de liste, l'Allemand Manfred Weber, soit habilité à rechercher une majorité positive au Parlement européen.
Sur l'agenda stratégique, M. Juncker a rappelé qu'en 2014, il avait débattu ses dix priorités politiques majeures avec tous les groupes politiques, sauf l'extrême droite. Les Européens ne comprendraient pas que la lutte contre les dérèglements climatiques n'y soit pas incluse, a-t-il estimé. Pour le président de la Commission, la priorité doit être donnée aux objectifs déjà fixés pour 2030 avant de se projeter des échéances plus lointaines, en référence aux appels d'États membres en faveur de la neutralité climatique en 2050. « Fixer des objectifs encore et encore n'a pas de sens. Concentrons-nous sur ceux qui existent », a-t-il estimé. (Mathieu Bion avec Lucas Tripoteau)