Alors que le régime al-Assad reprend de plus en plus de terrain et que la situation à Idlib inquiète, la communauté internationale, réunie à Bruxelles jeudi 14 mars, a appelé à la reprise du processus politique à Genève.
« Nous devons tous utiliser tous nos leviers [...] pour relancer les négociations de Genève et mettre fin à la guerre en Syrie », a rappelé la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, en ouverture de la conférence 'Bruxelles III'.
« Une solution à la crise syrienne ne peut venir que des négociations intra-syriennes à Genève, sous l'égide des Nations Unies. Au fil des ans, et malgré tous les revers, Genève s'est toujours révélée être la seule plate-forme inclusive, où tous les Syriens peuvent s'exprimer », a-t-elle ajouté, alors que le nouvel envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, tente de relancer les négociations.
Les ministres des Affaires étrangères turc et jordanien, dont les pays accueillent des millions de réfugiés syriens, ont plaidé pour la reprise des discussions. Ainsi, pour le Jordanien Ayman Safadi, « il est important de travailler sur la solution politique, tout le monde sait ce qui doit être fait. On doit juste faire plus pour que cela soit fait ». « Le but ultime de la communauté internationale devrait être de mettre fin à huit ans de bain de sang et de tragédie communautaire », a ajouté le Turc Mevlüt Çavuşoğlu.
Le ministre turc a précisé que son pays, au sein du processus d’Astana, avait obtenu des résultats concernant la baisse de la violence et l’accélération de la voie politique. Il est notamment revenu sur les travaux en cours pour créer un comité constitutionnel. « Une fois qu’un comité équilibré et crédible sera formé, la voie pour une réforme constitutionnelle et des élections libres et équitables, sous la supervision de l’ONU, sera claire », a-t-il expliqué.
Le retour des réfugiés pas encore à l’ordre du jour
Lié à une solution politique, le retour en Syrie des millions de réfugiés a également été débattu.
Pour le représentant de l'ONU Mark Lowcock, des efforts sont nécessaires afin de lever les obstacles à un retour « volontaire, sûr et digne » des réfugiés. L'UE partage le même avis. « Nous voulons que les Syriens retournent sur leurs terres et les reconstruisent. Pour que cela se produise, ils devront savoir qu'ils seront en sécurité, qu'ils ne feront pas l'objet de détention arbitraire et de conscription, que leurs biens et leurs libertés seront respectés », a résumé Mme Mogherini (EUROPE 12213/29).
Environ 320 000 Syriens auraient quitté la Turquie pour rentrer au pays et un peu moins de 14 000 auraient fait de même depuis la Jordanie.
Les Syriens rentreront quand « ils [seront] sûrs qu’ils pourront mettre de la nourriture sur la table, qu‘ils sont protégés, en sécurité, qu’il y a des écoles où envoyer leurs enfants…. », a souligné M. Safadi. Et si son pays soutiendra le retour des réfugiés, « il ne les forcera jamais à rentrer ».
Le Premier ministre libanais, Saad Al-Hariri, a évoqué la situation critique dans son pays, estimant que celui-ci ne pouvait plus continuer à faire face à l’accueil de 1,5 million de réfugiés. « Mon gouvernement est engagé à travailler avec le HCR sur toutes les initiatives pragmatiques qui pourront assurer le retour en sécurité des Syriens déplacés, y compris l’initiative russe », a-t-il indiqué.
L’initiative russe a pour objectif de garantir un retour immédiat et en sécurité des réfugiés syriens.
« Nous n’avons pas d’autres options que de nous donner la main et de travailler ensemble sur les obstacles et les défis concernant les retours », a expliqué le Libanais. (Camille-Cerise Gessant)