Le Parlement européen s’est opposé, mercredi 13 mars à Strasbourg, au projet de la Commission de relever les limites maximales autorisées de résidus de plusieurs pesticides néonicotinoïdes – dont la clothianidine, substance active d’un pesticide tueur d’abeilles, le thiaclopride et l’haloxyfop-R, herbicide toxique pour la santé humaine.
L’objectif de la Commission est notamment de multiplier par 10 la limite maximale de résidu de la clothianidine pour permettre l’importation de pommes de terre du Canada dans le cadre de l'Accord économique et commercial global entre l'UE et le Canada (CETA).
À une large majorité (514 voix pour, 81 contre et 20 abstentions) les députés ont objecté à ce projet.
« Nous n’acceptons pas de sacrifier nos abeilles et notre biodiversité et la santé de nos concitoyens sur l’autel du libre-échange », a déclaré Éric Andrieu (S&D, français), président de la commission spéciale PEST du Parlement, reprochant à la Commission de vouloir abaisser ses normes sanitaires pour les faire coïncider avec les traités commerciaux. Et d’ajouter : « Si nous l’interdisons en Europe pour protéger les abeilles, accepter des produits qui en contiennent revient à accepter de tuer les abeilles ailleurs. » Sa compatriote Angélique Delahaye (PPE) a jugé « inacceptable d’imposer des règles très strictes aux agriculteurs européens et dans le même temps d’autoriser l’importation de produits ne respectant pas ces normes ».
Une objection du Parlement européen est politique, car elle n'a pas de caractère juridiquement contraignant. (Aminata Niang)