Les ministres européens de l’Environnement sont déterminés à contribuer, par des solutions concrètes, à aider l’Union européenne à utiliser le plein potentiel de l’éco-innovation comme moteur de l’économie circulaire et de la croissance, et à accélérer ainsi la transition vers des modes de vie plus durables. Ils l’ont montré en faisant preuve d’inventivité, jeudi 13 juillet à Tallinn.
Réfléchir aux moyens d’y parvenir était le but de leurs échanges, en trois groupes de travail distincts, sur la circularité des matériaux, sur les villes intelligentes et sur les financements durables, lors de leur réunion informelle (EUROPE 11827).
Mission accomplie, selon le ministre estonien de l’Environnement et président de la session, Siim Kiisler, qui a jugé « très inspirantes » les idées avancées lors de ce 'brainstorming' au Pôle culturel [Kultuurikatel] de Tallinn. Le lieu de la réunion est « le bâtiment de cette ancienne centrale électrique, laissée à l’abandon pendant plusieurs années, fut rénové plutôt que détruit pour accueillir aujourd’hui des événements de haut niveau », a-t-il souligné.
L’économie circulaire est l’une des priorités de la Présidence estonienne, qu’elle partage avec les futures Présidences bulgare et autrichienne (EUROPE 11817). « Actuellement, dans l’UE, nous élaborons de nouvelles réglementations pour encourager les entreprises à emprunter la voie de l’économie circulaire, mais nous devons aussi aider les entreprises et réfléchir aux moyens de motiver nos industries pour qu’elles innovent à l’aide de nos réglementations, mais aussi à l’aide de potentielles mesures financières », a déclaré M. Kiisler.
L’enjeu est de taille car, selon les estimations, l’éco-innovation pourrait créer plus d’un demi-million de nouveaux emplois en Europe et permettre d'économiser plus de 600 milliards d’euros dans toute l’Europe. « Nous ne relâcherons pas nos efforts », a assuré le ministre estonien en précisant que son objectif était de parvenir à des conclusions du Conseil 'Environnement' en décembre.
Objet d’un vote au sein de chaque groupe de réflexion, les idées qui ont recueilli le plus de suffrages des ministres auront valeur de priorité. Simon Upton, directeur 'Environnement' à l’OCDE, qui a modéré les débats, les a ainsi énoncées :
Circularité et transparence des produits: des objectifs clairs pour la conception des produits et la prévention des déchets.
Les ministres ont estimé qu’un « passeport numérique » des ressources contenant des informations sur les matériaux pourrait offrir de nouvelles opportunités pour la production circulaire et une consommation plus durable car mieux informée.
Villes intelligentes: le recours accru aux marchés publics verts pour les villes et les régions, sans oublier les petites entreprises.
Sachant que 73% des citoyens européens vivent en zone urbaine, les pressions sur l’environnement sont énormes. D’où l’intérêt de se concentrer sur « des projets d’infrastructures 'vertes' et 'bleues' qui conduiront aux villes modèles du futur », a souligné le président. Et de citer en exemple, « les toits et les façades verts, les espaces verts, les terres humides aménagées, la réhabilitation des fleuves et des rivières », pour une meilleure qualité de vie et accroître la biodiversité.
Financement durable: prendre en compte le coût environnemental des activités et projets et mettre sur pied des financements publics/privés pour orienter les financements vers l’économie circulaire.
Le financement durable de l’agriculture, de la cohésion, et de la recherche sont cruciaux pour réduire les impacts négatifs sur l’environnement, a souligné le commissaire européen à l'Environnement, Karmenu Vella, le jour où le groupe de travail de haut niveau de la Commission sur le financement durable présentait son rapport.
Le commissaire a rappelé qu'au-delà de la législation de l’UE sur l’écoconception visant à encourager les produits faciles à utiliser et faciles à recycler, et celle sur les marchés publics verts, « la Commission présentera d'ici à la fin de l’année une stratégie ambitieusse pour les plastiques ».
La semaine verte européenne 2018 sera dédiée aux villes durables pour permettre l’échange de bonnes pratiques en matière de gestion des eaux urbaines résiduaires, d’infrastructures vertes, de marchés publics verts, et la Commission lancera « des instruments de benchmarking », a annoncé M. Vella. (Aminata Niang)