Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé l’Ukraine, jeudi 13 juillet, lors du 19ème sommet UE-Ukraine, à faire des efforts dans la lutte contre la corruption.
« Il s’agit de la principale bataille que vous devez gagner et l’UE va vous soutenir, de toutes les manières possibles, y compris financièrement », a souligné M. Juncker, lors d'une conférence de presse avec le président ukrainien, Petro Porochenko, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue de ce sommet.
« La situation n’est pas satisfaisante, il y a beaucoup à faire », a prévenu M. Juncker, conscient cependant des efforts du président ukrainien et du Parlement. Le président de la Commission a expliqué que, tant que le niveau de corruption ne baissait pas, les investisseurs ne viendraient pas en Ukraine. Il a aussi appelé à la mise en place d’un tribunal anticorruption.
Les trois présidents ont cependant souligné les énormes réformes mises en œuvre par le pays, notamment la décentralisation, la réforme de l'appareil judiciaire, de la police, de l’administration publique, l’énergie, le système bancaire, le commerce. « Les deux parties ont convenu de l’importance de continuer à accélérer les réformes et leur mise en œuvre durable », a-t-il ajouté. L’UE a en particulier appelé à accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles liées à l’aide macrofinancière, dont des mesures de lutte contre la corruption et l’abrogation de l'interdiction des exportations de bois.
Le président ukrainien a, lui, insisté sur les progrès accomplis depuis quelques mois dans les relations bilatérales que ce soit en ce qui concerne l’accord d’association, qui, après dix ans de négociations, entrera pleinement en vigueur le 1er septembre, ou encore le régime sans visa pour les Ukrainiens. Selon M. Porochenko, depuis le 11 juin, plus de 100 000 Ukrainiens sont entrés sans visa au sein de l’espace Schengen. L’UE parle de plus de 95 000 citoyens ukrainiens.
M. Porochenko a aussi prôné un 'Plan Marshall' pour son pays. « Nous avons discuté des possibilités d’un plan à long terme pour fournir du soutien à l’Ukraine (…) comme un Plan Marshall pour l’Ukraine, et sur la possibilité pour l’Ukraine d’utiliser des fonds du nouveau plan d’investissement extérieur de l’UE », a-t-il annoncé. Selon lui, cela aiderait à soutenir les efforts pour stabiliser l’économie de son pays et pour la croissance économique. « Nous avons demandé qu’une conférence d’investissement puisse avoir lieu en 2018 », a-t-il ajouté.
L’UE, de son côté, a annoncé, lors du sommet, préparer 200 millions d’euros pour les programmes prioritaires pour 2017 pour « soutenir les régions affectées par le conflit dans l’est de l’Ukraine, les programmes d’efficacité énergétique, dont des contributions au Fond sur l’efficacité énergétique établi par l’Ukraine, la gestion des finances publiques, le soutien aux réformes clés et la mise en œuvre de l’accord d’association et la zone de libre-échange complet et approfondi », a précisé la Commission dans son communiqué.
Les présidents ont aussi insisté sur l’importance de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, que ce soit concernant l'est de l'Ukraine ou la Crimée.
Le président Tusk a aussi sous-entendu que l’Ukraine pourrait devenir membre de l’UE. « Pour moi, la phrase clé de l'accord d'association est, je cite : 'l'Union européenne reconnait les aspirations européennes de l'Ukraine et se félicite de son choix européen' », a-t-il expliqué, ajoutant que l’Ukraine continuait « « d'être aussi déterminée, aussi courageuse et aussi cohérente » que lors des évènements de Maidan, si les Ukrainiens « pouvaient supporter le fardeau des réformes et n’abandonnaient pas, alors (ils) atteindraient (leurs) rêves et objectifs », celui d’une adhésion à l’UE, a-t-il souligné, appelant à garder l’unité et à éviter les conflits internes. (Camille-Cerise Gessant)