Le coordinateur du Parlement européen sur les négociations pour le Brexit, Guy Verhofstadt (ADLE, belge), a averti, mercredi 12 juillet, que le Royaume-Uni ne pourrait pas rester membre de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) après avoir quitté l'UE, qu'il en exprime le souhait ou non, précisant toutefois que le traité Euratom pourrait continuer à s'appliquer au Royaume-Uni, si ses autorités signaient un accord d'association avec l'UE après son départ.
« À mon avis, étant donné que dans le Traité de Lisbonne, l'Euratom et l'UE sont étroitement liées, vous ne pouvez pas faire partie de plein droit à Euratom et ne pas faire partie de l'UE, parce que la supervision de l'Euratom fait partie de l'UE et du budget de l'UE », a expliqué M. Verhofstadt devant la commission des affaires constitutionnelles du PE.
Selon lui, le Royaume-Uni pourrait demander, dans le cadre d'un futur accord d'association avec l'UE post-Brexit, de « continuer à faire ce qu'ils font actuellement » au sein de l'Euratom. « Ce qui n'est pas possible, c'est de quitter l'UE, mais de rester membre à part entière de l'Euratom », a-t-il insisté.
La question de l'adhésion à l'Euratom est récemment devenue l'une des nouvelles lignes de front entre les partisans d'un Brexit dur et ceux d'un Brexit souple.
Cette question sera discutée lors du deuxième round de négociations la semaine prochaine à Bruxelles, a annoncé mercredi le négociateur de l'UE, Michel Barnier.
Le gouvernement britannique a publié, jeudi 13 juillet, des documents exposant son approche à propos notamment des problèmes liés au Brexit concernant les matériaux et les garanties nucléaires.
« Alors que nous quittons l'UE, nous ne quittons pas l'Europe et nous voulons continuer à coopérer avec nos amis et voisins sur des questions d'importance mutuelle incluant les garanties nucléaires », a assuré le secrétaire d'État à la sortie de l'Union européenne David Davis.
Lorsque le Royaume-Uni a déclenché l'article 50 qui a lancé le processus de sa sortie de l'UE, l'article 106 (a) du traité Euratom a aussi été invoqué, car les traités sont liés juridiquement, précise le gouvernement britannique dans un communiqué.
« Tandis que le Royaume-Uni quitte Euratom, nous voulons continuer à travailler en étroite collaboration avec la Communauté européenne de l'énergie atomique afin d'assurer une sortie harmonieuse et ordonnée et ouvrir la voie à une relation future qui profite au Royaume-Uni et aux 27 autres États membres », précise-t-il, ajoutant que, tout en respectant ses obligations actuelles, le Royaume-Uni cherchera à convenir d'accords de coopération nucléaire avec des « pays clés » hors de l'UE, incluant les États-Unis, le Canada, l'Australie et le Japon. (Emmanuel Hagry)