Le Parlement européen a rejeté, mercredi 15 février, les propositions de résolutions des groupes S&D, GUE/NGL et Verts/ALE qui appelaient les députés européens à rejeter deux propositions de règlement d'exécution de la directive 'MiFID II' (2014/65) visant à limiter la spéculation financière sur les marchés des matières premières.
À l'instar des États membres, les députés ont donc décidé de n'émettre aucune objection à ces deux mesures d'exécution qui pourront entrer en vigueur telles que proposées par la Commission européenne (EUROPE 11680).
En décembre dernier, la Commission avait suggéré une méthodologie de calcul des limites de position afin de permettre aux autorités compétentes de fixer le montant maximum de produits financiers dérivés de matières premières (produits agricoles, énergétiques...) qu'un seul investisseur pourra détenir. Elle avait proposé des critères permettant d'identifier quand un producteur acquiert des dérivés de matières premières pour se prémunir surtout des risques de son métier, auquel cas il ne sera pas soumis aux mêmes règles prudentielles qu'un véritable trader.
Pour le groupe Verts/ALE, les mesures d'exécution constituent « une interprétation très faible de ce qui est prévu dans la directive ». « Les denrées agricoles de base restent soumises à des jeux spéculatifs qui créent des crises de grande ampleur comme nous l’avons vu en 2008 et 2010, jetant les paysans du Sud et du Nord dans la misère. Le plus dur reste toujours à faire : interdire la spéculation sur les produits agricoles pour qu’aucune bulle spéculative ne puisse éclater et faire flamber les cours », a déploré José Bové (Verts/ALE, français), dans un communiqué. (Mathieu Bion)