Les députés européens ont demandé à la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité - absente - de s’engager davantage pour la paix au Proche-Orient, mardi 14 février, lors d’un débat sur le sujet.
« Il y a des choses que l’on peut faire de part et d’autre pour faire avancer les choses sur le terrain, il faut communiquer avec Israéliens et Palestiniens et influencer le processus pour qu’il reste crédible », a expliqué le Roumain Victor Boștinaru, au nom du S&D, ajoutant qu’il fallait « être ferme, critiquer quand cela est nécessaire, mais surtout être constructif ». Il a aussi demandé à la Haute Représentante d’organiser une réunion du Quartet (ONU, UE, Russie, États-Unis) « le plus vite possible » pour voir quelles mesures il est nécessaire de prendre.
Pour son concitoyen Cristian Dan Preda, au nom du PPE, l’UE ne devrait pas se concentrer uniquement sur la question des colonies – le débat a été renommé 'situation en Cisjordanie, en particulier les colonies' alors qu’il s’appelait initialement 'perspectives de reprise des négociations de paix au Moyen-Orient' - rappelant que le conflit avait de multiples facettes : la sécurité, les frontières, Jérusalem, les réfugiés, etc. Selon lui, s’en tenir aux colonies ne fera que « réduire les chances d’être un partenaire crédible pour trouver une solution au conflit ». « On est perçu comme biaisé, c’est pour cela qu’on a un rôle mineur. Il faut être plus subtile et abandonner l’idée que si nous sommes à 100%, parfois à 200% (pro) palestiniens, nous résoudrons quelque chose », a-t-il ajouté.
« En avril 2003, le Quartet a défini une feuille de route pour la paix. Quatorze ans plus tard, la solution à deux États est plus éloignée qu’elle ne l’a jamais été », a regretté Hilde Vautmans (belge) pour l’ADLE. Selon elle, « c’est seulement avec des mesures concrètes que l’on fera changer les choses. Il faut montrer que, de part et d’autre, le droit international doit être respecté. Sinon la paix et la solution à deux États resteront de l’utopie ». Elle a ensuite adressé plusieurs questions à Mme Mogherini notamment sur les relations bilatérales avec l’État hébreu. Plusieurs députés ont demandé que l’accord d’association UE-Israël soit suspendu, comme Neoklis Sylikiotis (GUE/NGL, chypriote). « Il faut exercer une pression pour mettre un terme à la colonisation, à l’occupation et aller dans le sens d’une solution à deux États. Il faut geler l’accord d’association (UE-Israël) pour commencer », a-t-il expliqué, au nom de la GUE. Pour la Danoise Margrete Auken au nom des Verts/ALE, convoquer une réunion de ce Conseil d’association, qui devrait avoir lieu dans les prochains mois (EUROPE 11720), pourrait être pris comme une « récompense » de la politique de colonisation. « Quand l’UE va-t-elle reconnaître la Palestine comme un État ? » s’est-elle interrogée, ajoutant que « cela enverrait un message d’espoir ». Fabio Massimo Castaldo (italien), pour l’ELDD, a, lui aussi, souhaité que la Haute Représentante demande à tous les États membres de reconnaître la Palestine comme un État. « Aurons-nous le courage de défendre ce qui est juste et non pas ce qui est facile ? » a-t-il lancé à ses homologues. D’autres membres du Parlement ont aussi appelé à la véritable mise en œuvre de l’étiquetage des produits issus des colonies.
Le CRE néerlandais Bas Belder, tout comme l’ENL Marcus Pretzell (allemand) ont, eux, dénoncé les constructions financées avec des fonds européens en territoires palestiniens occupés sous administration israélienne. M. Belder a estimé que cela mettait en danger la sécurité de l’État hébreu. « Au lieu de soutenir les négociations, l’UE est responsable de la situation d’impasse dans laquelle nous sommes », a-t-il ajouté. Nombre de leurs collègues ont eux, dénoncé les démolitions par Israël de constructions, demandant où en était le processus de demande de compensation par l’UE (EUROPE 11543). (Camille-Cerise Gessant)