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Bulletin Quotidien Europe N° 11663
ÉCONOMIE - FINANCES / CohÉsion

Les députés réitèrent leur opposition farouche à la suspension de fonds européens pour l'Espagne et le Portugal

Les groupes politiques du Parlement européen ont une nouvelle fois rejeté, de manière quasi unanime, toute suspension des fonds européens de cohésion à l'encontre de l'Espagne et du Portugal en raison d'un respect insuffisant des règles budgétaires européennes entre 2013 et 2015.

« L'issue de cette procédure ne peut être qu'une suspension nulle », a déclaré Lambert van Nistelrooij (PPE, néerlandais), lors d'un 2ème dialogue structuré au Parlement européen sur la suspension des fonds structurels et d’investissement engagés pour l'Espagne et le Portugal pour 2017 (fonds ESI), en présence des ministres des Finances espagnol et portugais (EUROPE 11638). Les autres groupes politiques sont sur cette ligne, dénonçant tour à tour le danger de créer un dangereux précédent en cas de suspension des fonds, le risque de pénaliser des collectivités territoriales - et in fine une population - qui n'y sont pour rien dans les dérapages budgétaires nationaux ou la perte de crédibilité qui en résulterait pour les institutions européennes. Les représentants des commissions des affaires économiques, des budgets ainsi que de l'agriculture et de la pêche ont soutenu ces positions.

Younous Omarjee (GUE/NGL, français) a toutefois pointé du doigt la « responsabilité » des groupes PPE, S&D, CRE et ADLE qui ont avalisé la règle de conditionnalité macro-économique introduite par le règlement 1303/2103. « Quelle était la position de l'Espagne au Conseil sur cette conditionnalité ? », a-t-il demandé au ministre espagnol.

Éludant la question, M. de Guindos, ministre de l'Économie espagnol, a plaidé la cause de son pays qui connaît une croissance dépassant le double de la moyenne de la zone euro (2,9% du PIB en 2016, 2,1% en 2017) et a récupéré près de la moitié des emplois perdus avec la crise économique et financière. Il a assuré que le gouvernement agirait afin d'en finir avec un déficit excessif en 2018 à travers, notamment, un projet révisé de budget pour 2017 qui prévoira un effort structurel de 0,5% du PIB. Sanctionner l'Espagne et le Portugal serait « contre-productif et incohérent », a souligné M. de Guindos, jugeant plus utiles des mesures de réduction régulière du déficit.

Il convient d'empêcher une décision de suspension des fonds de cohésion pour le Portugal qui saperait la reprise économique et la confiance des citoyens et des investisseurs, a déclaré Mário Centeno, ministre des Finances portugais, soulignant que les fonds européens représentaient 78% des investissements publics dans son pays. Il a rappelé les efforts que les Portugais ont accomplis pour affronter la crise, avec un gel des salaires depuis 2009. Il a, lui aussi, défendu la stratégie budgétaire et de politique économique du gouvernement, qui respecte les règles européennes avec, en ligne de mire, la sortie du pays d'une situation de déficit excessif d'ici à fin 2016 (EUROPE 11631).

En août, l'Espagne et le Portugal avaient officiellement échappé à l'imposition d'amendes pour n'avoir pas suffisamment respecté leurs engagements budgétaires entre 2013 et 2015 (EUROPE 11605). (Mathieu Bion)

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