Julian King, le nouveau commissaire britannique à l’Union de la sécurité, avait promis aux eurodéputés, lors de son examen de passage, qu’il viendrait régulièrement à leur rencontre. Mardi 8 novembre devant les membres de la commission Libertés civiles (LIBE), il s’est montré plutôt prolixe et énergique, confirmant notamment la présentation prochaine d’une série de propositions devant permettre de renforcer les défenses de l’UE face au terrorisme.
Comme il l’avait déjà fait aux côtés du commissaire Dimitris Avramopoulos mi-octobre (EUROPE 11644), M. King a confirmé aux députés que la Commission présenterait la semaine prochaine une proposition créant un système d’autorisation de voyage dans l’UE pour les ressortissants de pays dispensés de visas. Cette proposition, portée principalement par Dimitris Avramopoulos, sera débattue lors de la réunion du collège des commissaires, la semaine prochaine. En novembre, la Commission présentera également son plan de mise en œuvre de la directive sur le 'PNR européen'.
Introduisant un système de récolte des données des passagers aériens européens en provenance ou à destination des pays tiers, ce texte peine à être transposé dans tous les États membres (EUROPE 11537). La Commission présentera des mesures pour assister les retardataires, l’objectif étant de terminer la transposition du texte en 2018. En octobre, elle avait annoncé de nouveaux financements à cet effet.
En décembre, la Commission fera aussi une série de propositions pour améliorer l’utilisation par les États membres du Système d’information Schengen (SIS). L’objectif consiste à renforcer la qualité des données renseignées et à créer un nouveau type d’alerte, a expliqué le Britannique. Ces propositions, qui comporteront des mesures techniques, viseront entre autres à identifier des personnes recherchées sur la base de leurs empreintes digitales via un nouveau type d’alerte. Les États membres seront aussi invités à introduire dans le système SIS les personnes interdites d’entrée de territoire et celles faisant l’objet de décisions de retours.
S’exprimant près d’un an après les attentats parisiens du 13 novembre 2015, le commissaire a rappelé qu’en dépit des progrès réalisés, la menace terroriste reste encore très présente et indiscriminée. À ce titre, tant les États membres que le PE doivent multiplier leurs efforts pour mettre en œuvre les décisions déjà prises, a-t-il souligné. Le commissaire faisait notamment référence au dossier relatif au contrôle des armes à feu, à la directive combattant le terrorisme ou bien à la réforme du code frontières Schengen visant à établir des contrôles systématiques sur tous les voyageurs franchissant les frontières extérieures de l’UE, autant de dossiers faisant encore l'objet de négociations entre le Conseil et le Parlement.
Le commissaire a annoncé également un paquet de mesures, en décembre, pénalisant le blanchiment d’argent et insistant sur la reconnaissance mutuelle des décisions de gel et confiscation d’avoirs des groupes criminels.
Toujours au mois de décembre, un premier rapport sera publié sur les travaux menés sur l’interopérabilité des bases de données européennes et sur la possibilité, notamment, de mettre en place un portail unique qui centraliserait toutes ces bases et serait accessible - sous conditions et dans le respect des règles de protection des données - aux forces de police européennes, a déclaré M. King.
Sur la prévention de la radicalisation, le commissaire a rappelé que l’UE était prête à financer de nouveaux projets en ce sens. Mercredi 9 novembre, se tiendra d’ailleurs à Bruxelles une réunion des experts membres du Réseau de sensibilisation à la radicalisation lancé en 2011 (RAN). (Solenn Paulic)