Bakir Izetbegović, membre de la Présidence de Bosnie-Herzégovine, a annoncé, mardi 8 novembre, que le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, se rendrait le 9 décembre à Sarajevo afin de remettre à la Bosnie-Herzégovine le questionnaire, d'environ 2000 questions, qu’elle doit remplir en vue d’un futur statut de candidat à l’adhésion. Le Conseil utilisera ce questionnaire pour décider s’il accorde, ou non, le statut de candidat.
Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, M. Izetbegović a précisé que répondre à ce questionnaire serait une priorité pour tous les niveaux de gouvernance dans son pays afin d’avoir l’avis de la Commission européenne sur le statut de candidat « le plus vite possible ». Il a précisé que l’objectif de son pays était d'obtenir le statut de candidat d’ici « fin 2017 ».
M. Izetbegović a d’ailleurs annoncé que ces 12-18 prochains mois seraient très chargés pour son pays. En plus de répondre au questionnaire, le pays va « intensifier la mise en œuvre du programme de réformes », et, grâce à l’adoption du mécanisme de coopération, tous les niveaux de gouvernement vont travailler sur des documents stratégiques dans les domaines de l’agriculture, les transports et l’énergie afin de pouvoir bénéficier de fonds européens.
Le Bosnien espère aussi qu’un accord sur le cas Sejdic-Finci - c'est-à-dire la mise en conformité de la Constitution de Bosnie avec la Convention européenne des droits de l’homme - pourra être obtenu. « Mais, pour être honnête, j’ai peur que, malgré l’urgence, ce soit très difficile de trouver une solution », a-t-il expliqué, précisant qu’un tel accord nécessitait l’approbation des 2/3 des deux chambres du Parlement, composé de 14 partis politiques. « Il est utile pour la mise en œuvre de cet accord qu’il ne soit pas considéré comme une condition sine qua non pour l’adhésion » à l’UE, a estimé M. Izetbegović, appelant l’UE à agir avec précaution et à réfléchir stratégiquement. Pour lui, il faut que les questions difficiles, dont les questions institutionnelles, soient inscrites dans les chapitres de négociation d'adhésion. Il a ajouté que les autorités allaient mettre l’accent, ces deux prochaines années, sur les réformes économiques, sociales et sur le renforcement de l’État de droit. (Camille-Cerise Gessant)