Un peu plus d’un mois après le référendum manqué sur les politiques de quotas migratoires, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a vécu une nouvelle déconvenue, mardi 8 novembre, les parlementaires n’ayant en effet pas soutenu son projet d'amendement constitutionnel pour interdire le plan européen de répartition des migrants.
Le Premier ministre avait annoncé cet amendement en dépit de l’invalidation du scrutin du 2 octobre faute d'un taux de participation suffisamment élevé. Mardi 8 novembre, M. Orban a échoué de deux voix, refusées notamment par le parti d’extrême droite, Jobbik, qui souhaitait, lui, interdire la venue de tous les migrants y compris les migrants aisés pouvant acheter des permis de résidence, ont relaté les médias hongrois.
Le texte a été approuvé par les voix de 131 des 199 députés, mais il a manqué deux voix pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire pour faire passer ce texte. L’objectif de cet amendement était de rendre illégale, en droit hongrois, la relocalisation de réfugiés en Hongrie. Le parti d'extrême droite Jobbik avait conditionné son soutien à la suppression par le gouvernement d'un régime de permis de résidence accordé depuis 2013 aux riches investisseurs extraeuropéens, mais le Premier ministre a refusé de donner suite à cette exigence.
À Bruxelles, la Commission a rappelé, mardi midi, que le processus de relocalisation de 106 000 demandeurs d’asile, rejeté par Budapest, était censé se dérouler sur deux ans, ce qui exclut des procédures d’infraction contre la Hongrie pour le moment. La porte-parole Mina Andreeva a aussi souligné que le rythme de relocalisations s’était accéléré dernièrement. Selon les derniers chiffres disponibles au 7 novembre, 6 925 relocalisations de demandeurs d’asile ont eu lieu depuis fin 2015, dont 5 376 depuis la Grèce. La Hongrie n’en a encore reçu aucun. (Solenn Paulic)