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Bulletin Quotidien Europe N° 11663
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ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Plusieurs groupes politiques du PE condamnent le silence de l'Europe face à la situation en Turquie

Les députées européennes Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, française) et Bodil Valero (Verts/ALE, suédoise) ont condamné, lors d’une conférence de presse tenue mardi 8 novembre au Parlement européen, le silence du Conseil de l'UE et de la Commission européenne face à la situation en Turquie, considérant par ailleurs que « la simple dénonciation ne suffisait pas ».

Mme Vergiat a qualifié de « grave et dramatique » le pouvoir sans partage de M. Erdoğan, jugeant que les récentes arrestations de journalistes et de parlementaires du Parti démocrate des peuples (HDP) ne sont que le « début de l’escalade ». Eyyup Doru, représentant européen du parti HDP, a comparé l'évolution politique en Turquie à la « montée du fascisme similaire à celle des années 1930 en Allemagne et en Italie ». « Nous avons impérativement besoin de l’UE ! », a-t-il lancé.

Selon Mme Valero, il serait « grand temps d’arrêter le dialogue ainsi que les négociations (d'adhésion à l'UE) avec la Turquie », poursuivant qu’il est « impossible de dialoguer avec un homme politique qui n’est pas un démocrate ».

Le président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), le Belge Guy Verhofstadt, partage cet avis et refuse que la Commission européenne poursuive tout dialogue avec le gouvernement turc, tant que parlementaires du HDP et journalistes n’ont pas été libérés, et que M. Erdoğan n’aura pas mis un terme aux propositions de réintroduction de la peine de mort. Il exhorte par ailleurs la Commission et le Conseil à ne pas « céder aux pressions de M. Erdoğan », notamment en ce qui concerne les menaces de suspension de l’accord UE-Turquie sur les réfugiés.

Mme Harms : « Nous avons clairement des intérêts en Turquie »

Les propos sont plus nuancés du côté du groupe S&D ainsi que du côté de la co-présidente du groupe des Verts/ALE, Rebecca Harms (allemande), qui s’est rendue en Turquie la semaine dernière et y a suivi de très près les derniers événements. Il n’est pas question pour Mme Harms de suspendre les négociations d'adhésion à l'UE : « Nous avons clairement des intérêts en Turquie et nous devons, dans les négociations, prendre en compte les nombreux réfugiés, les Kurdes et autres citoyens non ressortissants de l’UE. La Turquie ne se résume pas à M. Erdoğan. »

Manfred Weber (allemand), président du groupe Parti populaire européen (PPE), soutient quant à lui que c’est à l'Europe d'affirmer sa propre politique vis-à-vis du voisin turc. « L'Europe ne doit pas dépendre de parties tierces quand il s’agit de migration. », a-t-il estimé via son compte Twitter.

Ces déclarations des différents groupes politiques du Parlement européen surviennent alors que la Commission européenne présentera, mercredi 9 novembre, son rapport annuel de suivi des négociations d’adhésion avec la Turquie. « Il serait malvenu » de suspendre les négociations d'adhésion avec la Turquie, avait soufflé lundi un commissaire, confiant que le collège des commissaires sera sur cette même position. Selon lui, continuer à négocier permet de « garder un levier » pour le changement en Turquie même s'il y a des lignes rouges, telles que le rétablissement de la peine de mort, à ne pas dépasser.

Intervenant au Collège de Bruges, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a constaté « avec amertume » que la Turquie s'éloigne chaque jour de l'Europe. « Il faut que la Turquie nous dise si oui ou non elle veut véritablement devenir membre de l'UE », a-t-il ajouté, regrettant que ce que font les autorités turques démontre leur rejet des conditions requises pour l'adhésion à l'UE.

Dans un communiqué, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a réitéré, mardi, les « fortes inquiétudes » de l'UE concernant le possible rétablissement de la peine de mort en Turquie et l'arrestation de leaders du parti HDP. Condamnant une nouvelle fois la tentative de coup d'État perpétrée mi-juillet, elle a aussi appelé les autorités turques à respecter l'État de droit et les libertés fondamentales. (Thomas Régnier, stagiaire, avec MB)

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