La commission de la pêche du Parlement européen a réclamé, mercredi 3 juin, une révision du plan pluriannuel de gestion des stocks en Méditerranée.
Carmen Crespo (PPE, espagnole), rapporteur sur ce dossier, s’est engagée à « impulser les changements que le secteur réclame depuis longtemps et (à) avancer vers une révision urgente de ce plan pluriannuel ».
« Sans un cadre actualisé, les décisions sur les quotas seront encore plus difficiles à prendre en fin d'année », a-t-elle averti. Mme Crespo a estimé que le secteur de la pêche en Méditerranée a subi les effets d’un « règlement excessivement contraignant, qui a frappé de plein fouet la flotte, entraînant une réduction drastique de l’activité et une rentabilité très faible pour les pêcheurs ». Les possibilités de pêche ont diminué de 44% en sept ans, passant de 230 jours en 2019 à 130 jours en 2026. Certains navires ne travaillent plus que trois mois par an.
Mme Crespo a évoqué plusieurs pistes de réflexion en vue de la réforme : la suppression de l’article 43 afin que l’effort de pêche ne dépende plus d’une seule espèce, la limitation des réductions annuelles à 20%, la garantie d’un minimum de 180 jours de pêche par navire, une plus grande flexibilité pluriannuelle des quotas et une meilleure intégration des données scientifiques et socioéconomiques dans la prise de décision. Elle a conclu que la transition en Méditerranée ne pourra pas se faire sans un financement adéquat.
Éric Sargiacomo (S&D, français) s’est montré moins alarmiste. Les scientifiques constatent aujourd’hui une légère amélioration globale des stocks évalués et la gestion durable commence à produire des résultats (la pression de pêche a diminué de 50% depuis 2012), a-t-il fait valoir. Il a toutefois reconnu que le volet social de la politique commune de la pêche (PCP) reste très préoccupant. Selon lui, la révision du plan doit permettre d’aller vers « plus de durabilité, de sélectivité et de prospérité, sans confondre vitesse et précipitation ».
Enfin, la Commission européenne a encouragé l’ensemble des parties prenantes, dans le cadre d’une consultation récemment lancée, à fournir des informations sur la situation du secteur. « Sur la base des informations qui seront reçues, la Commission poursuivra sa réflexion et prendra des décisions », a-t-elle conclu. (Lionel Changeur)