Les membres de la commission de la santé publique (SANT) du Parlement européen ont organisé, mercredi 3 juin, un échange entre des représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Commission européenne à propos de la réponse internationale à l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo qui touche la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.
S’exprimant en vidéoconférence, le responsable de la réponse à l’épidémie de virus Bundibugyo au sein du programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS, Rob Holden, a expliqué que la situation se développait dans un environnement particulièrement fragile.
Les provinces congolaises de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dépendent déjà grandement de l’aide humanitaire et disposent de systèmes de santé sous pression. Selon l’OMS, la RDC comptait 344 cas confirmés et 60 décès au moment de la réunion, tandis que l’Ouganda recensait 15 cas confirmés, tous liés à des déplacements depuis la RDC ou à des transmissions secondaires.
Le représentant de l’OMS a également indiqué que l’épidémie avait probablement commencé plusieurs semaines avant sa détection officielle et qu’elle s’étendait sur une zone de près de 1 000 kilomètres. Aussi, l’organisation s’inquiète d’une éventuelle propagation vers le Soudan du Sud, le Burundi ou encore le Rwanda.
La directrice générale de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire (DG SANTE), Sandra Gallina, a rappelé que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) évaluait le risque de transmission durable dans l’Union européenne comme « très faible ». Aucun cas importé n’a été signalé à ce stade. Elle a précisé que l’ECDC et l’OMS ne recommandaient pas de restrictions générales aux voyages, privilégiant le renforcement de la surveillance et des capacités de dépistage.
Le directeur général adjoint de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA), Laurent Muschel, a indiqué que l’Union européenne soutenait le développement de capacités de diagnostic, de traitements et d’un vaccin contre la souche Bundibugyo. L’Union européenne consacre 79 millions d’euros à la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (en anglais, Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, CEPI), chargée d’accompagner ces travaux.
La cheffe d'unité des partenariats internationaux (DG INTPA), Cécile Billaux, a rappelé que l’Union européenne avait consacré 174 millions d’euros au secteur de la santé en RDC sur l’actuel cadre financier pluriannuel, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros mobilisés lors de la crise du Mpox en 2024 pour renforcer les capacités sanitaires dans plusieurs provinces aujourd’hui touchées par Ebola.
Réunion ministérielle informelle. Ces échanges se sont tenus alors que les ministres européens de la Santé doivent participer, vendredi 5 juin, à une rencontre informelle en vidéoconférence organisée afin d’échanger des informations sur l’évolution de l’épidémie en Afrique centrale.
La Présidence chypriote du Conseil de l'UE souhaite ainsi un échange politique sur la préparation et la réaction face à l’épidémie ainsi que sur les domaines dans lesquels une coopération européenne supplémentaire pourrait être bénéfique.
Les ministres seront notamment invités à présenter leur évaluation de la situation, les mesures déjà prises ou envisagées au niveau national ainsi que leurs besoins éventuels en matière de coordination et de soutien au niveau de l’Union européenne.
Il s'agit ainsi de veiller à ce que les réponses nationales et européennes demeurent proportionnées, coordonnées et conformes aux recommandations de l’OMS. (Nithya Paquiry)