Interrogée à plusieurs reprises sur la santé des femmes lors d’un dialogue structuré avec la commission de la santé publique (SANT) du Parlement européen, mercredi 3 juin, la commissaire européenne à l’Égalité, à la Préparation et à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a défendu l’approche retenue par la Commission, tandis que plusieurs eurodéputés ont appelé à une stratégie européenne spécifique.
Ainsi, Christophe Clergeau (S&D, français) a rappelé que le Parlement travaillait sur un rapport consacré à la santé des femmes. S’il a reconnu l’intérêt des initiatives prévues au titre de la stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes, l’eurodéputé français a considéré qu’elles demeuraient insuffisantes au regard de l’ampleur des enjeux et a renouvelé la demande d’une stratégie européenne dédiée.
De même, Catarina Martins (La Gauche, portugaise) a rappelé les inégalités dans la prise en charge de nombreuses pathologies touchant les femmes, notamment les maladies cardiovasculaires, et a avancé qu’une stratégie globale permettrait de mieux répondre aux lacunes observées dans la recherche médicale et les systèmes de santé.
Considérant ces remarques, Hadja Lahbib a reconnu que « pendant trop longtemps, la santé des femmes a été ignorée ».
La commissaire européenne a rappelé que la santé faisait partie des priorités de la future stratégie européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle a annoncé le lancement d’une initiative avec l’Organisation mondiale de la santé afin d’identifier les meilleures pratiques et d’améliorer la qualité ainsi que l’accessibilité des soins destinés aux femmes.
La Commission financera également une étude sur les bénéfices économiques et sociaux d’une réduction des écarts de santé affectant les femmes, notamment en matière d’endométriose et de ménopause.
Par ailleurs, elle travaillera avec l’Agence européenne des médicaments sur l’introduction de contrôles tenant compte du genre tout au long du développement des médicaments.
Hadja Lahbib a également affirmé que la Commission chercherait à éviter l’exclusion systématique des femmes enceintes et allaitantes des essais cliniques. (Nithya Paquiry)