Le président chypriote, Nikos Christodoulides, dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l’UE, a plaidé, mercredi 18 mars, lors d’une conférence organisée par l’EPC à Bruxelles, pour un mécanisme de mise en œuvre de l’article 42.7 du traité européen qui prévoit une clause d’assistance mutuelle entre États membres, en cas d'agression armée d'un des leurs.
Victime d’ « un seul incident isolé impliquant un drone sur les bases britanniques » sur son territoire, début mars, en lien avec la guerre au Moyen-Orient (EUROPE 13819/5), Chypre n’a pas officiellement déclenché l’article 42.7, mais l’a « en quelque sorte testé » de façon concluante, a expliqué le président. Il a précisé avoir appelé plusieurs dirigeants européens pour aider son pays à gérer la situation.
La Grèce, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas ont alors déployé des « moyens et du personnel pour renforcer la défense et la sécurité de Chypre » (EUROPE 13819/1). « Je ne m’attendais pas à une réponse aussi positive », a reconnu M. Christodoulides, estimant que ce soutien ferait date.
Selon le président chypriote, « il ne suffit pas de pouvoir invoquer l'article 42.7. Le plus important est d'être pleinement capables de mettre en œuvre efficacement, de réagir avec efficacité, rapidité et détermination, en faisant de la sécurité de nos citoyens une priorité absolue ».
« Ainsi, en tant qu'Union européenne, nous devons disposer d'un mécanisme qui nous permette de savoir ce qui se passera lorsqu'un État membre activera l'article 42.7, et ne pas attendre que cela se produise pour agir », a-t-il expliqué, plaidant pour un mécanisme.
« C'est un point que j'aborderai (ce jeudi) lors du Conseil européen, », a promis le président.
Interrogé sur le Royaume-Uni, M. Christodoulides a remis en question la présence de bases britanniques à Chypre. « Il s'agit d'un vestige colonial. Et lorsque cette crise sera terminée, nous devrons avoir une discussion ouverte et franche avec le gouvernement britannique », a-t-il expliqué. Il a ajouté que son pays avait la meilleure coopération jamais connue avec une administration britannique depuis l’indépendance du pays en 1960.
M. Christodoulides a aussi rappelé que plus de 10 000 Chypriotes vivent sur les bases britanniques et que Chypre avait également des obligations envers eux. (Camille-Cerise Gessant)