La commission de l’agriculture du Parlement européen a préconisé, mercredi 18 mars, l’élaboration d’une future stratégie européenne pour l’élevage ambitieuse.
La Commission européenne devrait adopter une telle stratégie en juin ou début juillet, tandis que le vote en séance plénière du Parlement européen sur ce rapport aura lieu en avril prochain.
En adoptant (40 voix pour, 8 contre et aucune abstention) le projet de rapport d’initiative de Carlo Fidanza (CRE, italien) sur cette stratégie, les députés ont estimé que le secteur de l’élevage constitue un « pilier stratégique de l’agriculture européenne ».
Au total, 70 amendements de compromis, négociés entre les groupes PPE, S&D, Renew Europe et CRE, ont été approuvés par les eurodéputés.
Les députés appellent à la création d’un « groupe de haut niveau sur l’élevage », sur le modèle de celui existant pour la politique vitivinicole. Ce groupe devrait élaborer des « solutions concrètes répondant notamment aux défis de la compétitivité, du renouvellement générationnel et de la prévention des délocalisations de la production hors de l’Union ».
La diversité des systèmes d’élevage européens est reconnue comme un facteur central de résilience.
La politique agricole commune (PAC) demeure l’outil clé pour garantir la viabilité du secteur. Les députés soutiennent le renforcement des paiements directs, des aides couplées aux productions animales, ainsi que des soutiens à l’investissement.
Ils défendent également un budget agricole post-2027 robuste, incluant des outils renforcés de gestion des crises, de compensation et d’assurance face aux risques climatiques, sanitaires et économiques.
Une attention particulière est demandée pour les zones de montagne, défavorisées, insulaires et ultrapériphériques, ainsi que pour le renouvellement générationnel, l’accès au foncier et au crédit, avec des périodes de transition adéquates pour toute réforme affectant l’élevage.
Le rôle essentiel des produits animaux dans des régimes alimentaires équilibrés est souligné, tandis qu’une approche de prudence est préconisée à l’égard de la viande cellulaire et des protéines synthétiques, en l’absence de preuves concluantes quant à leur sécurité sanitaire, leur viabilité industrielle et leurs bénéfices environnementaux réels.
Toute initiative future sur la 'viande cellulaire' devra faire l’objet d’évaluations d’impact complètes, indépendantes et fondées sur la science, ainsi que d’un étiquetage clair et transparent, selon les députés. Ils demandent également l’interdiction de l’usage des dénominations de viande pour des produits non issus d’animaux, y compris les produits cellulaires ou hybrides.
Les députés soulignent l'importance de la prévention des maladies animales, de la vaccination, de mécanismes de compensation efficaces et de la réciprocité stricte des normes dans les accords commerciaux, afin de préserver la compétitivité, l’autonomie alimentaire et l’avenir de l’élevage européen.
« En dix ans, l’Union européenne a perdu près de trois millions d’exploitations agricoles, dont une majorité dans l’élevage. Dans le même temps, les crises sanitaires se multiplient à travers l’Europe, alors même que les coûts de production et la charge administrative augmentent fortement. À cela s’ajoute un défi majeur : le renouvellement des générations », a estimé Benoît Cassart (Renew Europe, belge).
Parmi les autres mesures figurent la nécessité de stopper la décapitalisation du secteur, l’élaboration d’une stratégie européenne sur les protéines végétales et un plan d’amélioration génétique du cheptel européen.
Les amendements de compromis : https://aeur.eu/f/l8s (Lionel Changeur)